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Genèse 27, 1-29Par rolpoup :: jeudi 10 juillet 2008 à 9:19 :: Général
Histoire de « lentilles » (2e partie) Genèse 27, 1-29 1 Isaac était devenu vieux, ses yeux s’éteignaient et il n’y voyait plus. Il appela Esaü son fils aîné et lui dit: "Mon fils!" -Me voici, répondit-il. 2 Il reprit: "Tu vois que je suis devenu vieux et j’ignore le jour de ma mort. 3 Il est temps, emporte donc tes armes, ton carquois et ton arc; cours la campagne et chasse du gibier pour moi. 4 Prépare-moi un mets comme je l’aime, apporte-le-moi et je le mangerai pour te bénir moi-même avant de mourir." 5 Rébecca écoutait pendant qu’Isaac parlait à son fils Esaü. Celui-ci partit dans la campagne pour chasser et rapporter du gibier. 6 Rébecca dit à Jacob son fils: "Voici que j’ai entendu ton père parler à Esaü ton frère; il lui disait: 7 Apporte-moi du gibier et prépare-moi un mets pour que j’en mange. Je te bénirai en présence du SEIGNEUR avant de mourir. 8 Maintenant, mon fils, écoute-moi et fais ce que je t’ordonne: 9 va donc au troupeau, prends-y pour moi deux beaux chevreaux, et j’en préparerai pour ton père un mets comme il l’aime. 10 Tu l’apporteras à ton père, et il mangera pour te bénir avant sa mort." 11 Jacob répondit à Rébecca sa mère: "Si mon frère Esaü est un homme velu, moi je n’ai pas de poil. 12 Il est possible que mon père me palpe et me considère comme un imposteur. J’attirerais sur moi une malédiction et non une bénédiction." — 13 "Vienne sur moi ta malédiction, mon fils, lui dit sa mère. Ecoute-moi seulement, va me prendre ce que je t’ai dit." 14 Il alla prendre les chevreaux et revint à sa mère qui prépara un mets comme son père l’aimait. 15 Rébecca prit ensuite les vêtements d’Esaü son fils aîné, les plus précieux qu’elle avait avec elle à la maison, et elle en revêtit Jacob son fils cadet. 16 Elle recouvrit de peau de chevreau ses mains et la partie lisse de son cou. 17 Dans les mains de son fils Jacob, elle déposa le mets et le pain qu’elle avait préparés. 18 Il entra chez son père et dit: "Mon père!" -Me voici, répondit-il; qui es-tu, mon fils?" 19 Jacob dit à son père: "Je suis Esaü ton aîné. J’ai fait ce que tu m’as dit. Lève-toi, je t’en prie, assieds-toi et mange de mon gibier pour me bénir toi-même." 20 Isaac répondit à son fils: "Comme tu as vite trouvé, mon fils!" -"C’est que le SEIGNEUR ton Dieu m’a porté chance." 21 Isaac dit alors à Jacob: "Viens plus près, mon fils, que je te palpe. Es-tu bien mon fils Esaü ou non?" 22 Jacob s’approcha de son père Isaac, qui le palpa et dit: "La voix est celle de Jacob, mais les mains sont celles d’Esaü." 23 Il ne le reconnut pas car ses mains étaient velues comme celles d’Esaü son frère; il le bénit. 24 Il lui dit: "C’est bien toi, mon fils Esaü?" -"C’est moi", répondit-il. 25 Il reprit: "Sers-moi, mon fils, que je mange du gibier et que je te bénisse moi-même." Jacob le servit et il mangea; il lui apporta du vin et il but. 26 C’est alors que son père Isaac lui dit: "Viens donc plus près et embrasse-moi, mon fils." 27 Il s’approcha et l’embrassa. Isaac huma l’odeur de ses vêtements et le bénit en disant: "Oh! l’odeur de mon fils est comme l’odeur d’un champ que le SEIGNEUR a béni. 28 Que Dieu te donne de la rosée du ciel et de gras terroirs, du froment et du vin nouveau en abondance! 29 Que des peuples te servent et que des populations se prosternent devant toi! Sois chef pour tes frères, et que les fils de ta mère se prosternent devant toi! Maudit soit qui te maudira, béni soit qui te bénira!" Ou : celui qui a péché par les « lentilles » perdra son droit d’aînesse par les « lentilles ». Voilà Ésaü grand gourmet, qu’Isaac apprécie et dont il partage les goûts, sollicité par son père pour lui apprêter un de ces plats qu’il prise. Mais comme on sait, Rébecca, qui apprend cela — bonne cuisinière elle aussi ! — mettra à profit la situation, faisant que le choix de Dieu concernant la vocation de Jacob se réalisera via la bénédiction de l’aîné octroyée par leur père Isaac. Une ruse, un déguisement, et Jacob passe pour Ésaü auprès d’un Isaac dont la vue a baissé… Jacob reçoit donc la bénédiction du père réservée à l’aîné — selon le choix de Dieu ; devenant le dépositaire de la promesse faite à Abraham. « Heureux celui qui pense au faible! Au jour du malheur, le SEIGNEUR le délivre, le SEIGNEUR le garde vivant et heureux sur la terre. Ne le livre pas à la voracité de ses ennemis! » (Psaume 41, 1-2). Genèse 26, 17-35Par rolpoup :: mercredi 09 juillet 2008 à 11:05 :: Général
Guerre et paix autour de puits Genèse 26, 17-35 17 Isaac partit de là et campa dans l’oued de Guérar et y habita. 18 Isaac creusa de nouveau les puits qu’on avait creusés au temps d’Abraham son père et que les Philistins avaient comblés après la mort d’Abraham. Il leur donna les mêmes noms que son père leur avait donnés. 19 Les serviteurs d’Isaac creusèrent dans l’oued et trouvèrent là un puits d’eaux vives. 20 Les bergers de Guérar entrèrent en contestation avec les bergers d’Isaac en leur disant: "Ces eaux sont à nous." Il appela ce puits Eseq parce qu’ils lui avaient fait échec. 21 Ils creusèrent un autre puits qui fut aussi contesté; il l’appela Sitna. 22 De là il se déplaça pour creuser un autre puits qui ne fut pas contesté et qu’il appela Rehovoth en disant: "Maintenant en effet, le SEIGNEUR nous a laissé le champ libre et nous avons eu des fruits du pays." 23 De là, il monta à Béer-Shéva. 24 Le SEIGNEUR lui apparut cette nuit-là et dit: "Je suis le Dieu d’Abraham ton père; ne crains pas, car je suis avec toi. Je te bénirai et rendrai prolifique ta descendance à cause de mon serviteur Abraham." 25 Là, Isaac éleva un autel et invoqua le SEIGNEUR par son nom. Il y dressa sa tente et les serviteurs d’Isaac forèrent un puits. 26 Abimélek partit de Guérar pour le rencontrer avec Ahouzzath son conseiller et Pikol le chef de son armée. 27 Isaac leur dit: "Pourquoi êtes-vous venus à moi? Vous me détestez et vous m’avez renvoyé de chez vous." 28 Ils répondirent: "Nous sommes bien obligés de constater que le SEIGNEUR est avec toi et nous nous sommes dit: Qu’il y ait un serment de part et d’autre, entre nous et toi; concluons une alliance avec toi! 29 Jure de ne pas mal agir envers nous, de même que nous ne te maltraiterons pas, comme nous ne t’avons fait que du bien et t’avons renvoyé sain et sauf, toi qui es maintenant le béni du SEIGNEUR." 30 Il leur servit un festin; ils mangèrent et burent, 31 ils se levèrent de bon matin, et chacun prêta serment à l’autre. Isaac les congédia et ils le quittèrent en paix. 32 Or, ce jour même, les serviteurs d’Isaac vinrent lui apporter des nouvelles du puits qu’ils creusaient. Ils lui dirent: "Nous avons trouvé de l’eau." 33 Il appela ce puits Shivéa; c’est pourquoi, aujourd’hui encore, la ville a pour nom Béer-Shéva-c’est-à-dire le Puits-du-Serment. 34 Esaü avait quarante ans quand il épousa Yehoudith, fille de Bééri le Hittite, et Basmath, fille d’Elôn le Hittite. 35 Elles rendirent l’ambiance pénible à Isaac et à Rébecca. À travers des creusements de puits et leur contestation, à travers l’élévation d’autels aussi, la présence de la famille des descendants d’Abraham et d’Isaac ancre la légitimité de sa présence en Canaan. Le Puits de l’Alliance entre Hébreux et Philistins, le Puits du Serment, Béer-Sheva, vient sceller ces germes d’avenir. « J’ai attendu, attendu le SEIGNEUR: il s’est penché vers moi, il a entendu mon cri, il m’a tiré du gouffre tumultueux, de la vase des grands fonds. Il m’a remis debout, les pieds sur le rocher, il a assuré mes pas. Il a mis dans ma bouche un chant nouveau, une louange pour notre Dieu. Beaucoup verront, ils craindront et compteront sur le SEIGNEUR » (Psaume 40, 1-3). Genèse 26, 1-16Par rolpoup :: mardi 08 juillet 2008 à 10:06 :: Général
Quand l’exil se préfigure Genèse 26, 1-16 1 Il y eut une famine dans le pays, distincte de la première qui avait eu lieu au temps d’Abraham. Isaac partit pour Guérar chez Abimélek, roi des Philistins. 2 Le SEIGNEUR lui apparut et dit: "Ne descends pas en Egypte, mais demeure dans le pays que je t’indiquerai. 3 Séjourne dans ce pays, je serai avec toi et je te bénirai. A toi et à ta descendance, en effet, je donnerai ces terres et je tiendrai le serment que j’ai prêté à ton père Abraham. 4 Je ferai proliférer ta descendance autant que les étoiles du ciel, je lui donnerai toutes ces terres et, en elle, se béniront toutes les nations de la terre, 5 parce qu’Abraham a écouté ma voix et qu’il a gardé mes observances, mes commandements, mes décrets et mes lois." 6 Isaac habita à Guérar. 7 Les gens du lieu l’interrogèrent sur sa femme. "C’est ma sœur," répondit-il. Il craignait de dire qu’elle était sa femme par peur d’être tué par les gens du lieu à cause de Rébecca qui était charmante à voir. 8 Il avait passé là de longs jours lorsqu’Abimélek, roi des Philistins, regarda par la fenêtre et vit qu’Isaac s’amusait avec Rébecca sa femme. 9 Abimélek convoqua Isaac et lui dit: "C’est sûrement ta femme! Pourquoi as-tu dit: C’est ma sœur?" Isaac lui répondit: "Je l’ai dit par peur de mourir à cause d’elle." 10 Abimélek reprit: "Que nous as-tu fait là! Peu s’en est fallu qu’un homme de ce peuple ne couche avec ta femme et tu nous aurais rendus coupables." 11 Abimélek donna cet ordre à tout le peuple: "Quiconque touchera à cet homme et à sa femme sera puni de mort." 12 Isaac fit des semailles dans ce pays et moissonna au centuple cette année-là. Le SEIGNEUR le bénit 13 et il devint un grand personnage; il continua à s’élever jusqu’à atteindre une position éminente. 14 Il devint propriétaire d’un cheptel de petit et de gros bétail, et d’une nombreuse domesticité. Les Philistins en furent jaloux, 15 ils comblèrent tous les puits qu’avaient creusés les serviteurs de son père, au temps de son père Abraham, et les remplirent de terre. 16 Abimélek dit à Isaac: "Va-t’en loin de nous car tu es devenu beaucoup plus puissant que nous." Une histoire « distincte de la première qui avait eu lieu au temps d’Abraham » (v. 1). Précision importante donnée par le texte ! — tant l’histoire lui ressemble fort (cf. Gn 12, 10 sq. & Gn 20). C’est une famine qui avait conduit Abraham en Égypte (Gn 12, 10 sq.) où il avait eu des déboires matrimoniaux avec le Pharaon, similaires à ceux qu’il avait eu plus tard avec Abimelek à Guérar (Gn 20). C’est ici une famine, « distincte de la première qui avait eu lieu au temps d’Abraham », qui conduit Isaac, non en Égypte mais à Guerar, chez Abimélek où Isaac aura des déboires similaires à ceux de son grand-père Abraham. La famine ne conduit pas encore le peuple en Égypte comme au temps d’Abraham. Cela viendra par la suite, tandis que déjà la suite de l’histoire du peuple s’annonce et se préfigure… Exil en Égypte, délivrance et installation sur la terre de Canaan jusqu’alors sous la domination des Philistins. « Ecoute ma prière, SEIGNEUR, et mon cri; prête l’oreille à mes larmes, ne reste pas sourd, car je ne suis qu’un immigré chez toi, un hôte comme tous mes pères » (Psaume 39, 12). Genèse 25, 19-34Par rolpoup :: lundi 07 juillet 2008 à 10:19 :: Général
Une célèbre histoire de « lentilles » Genèse 25, 19-34 19 Voici la famille d’Isaac, fils d’Abraham. Après qu’Abraham eut engendré Isaac, 20 celui-ci, à quarante ans, prit pour femme Rébecca, fille de Betouël, l’Araméen de la plaine d’Aram, et sœur de Laban l’Araméen. 21 Isaac implora le SEIGNEUR pour sa femme, car elle était stérile. Le SEIGNEUR eut pitié de lui, sa femme Rébecca devint enceinte, 22 mais ses fils se heurtaient en son sein et elle s’écria: "S’il en est ainsi, à quoi suis-je bonne?" Elle alla consulter le SEIGNEUR, 23 qui lui répondit: "Deux nations sont dans ton sein, deux peuples se détacheront de tes entrailles. L’un sera plus fort que l’autre et le grand servira le petit." 24 Quand furent accomplis les temps où elle devait enfanter, des jumeaux se trouvaient en son sein. 25 Le premier qui sortit était roux, tout velu comme une fourrure de bête: on l’appela Esaü. 26 Son frère sortit ensuite, la main agrippée au talon d’Esaü: on l’appela Jacob. Isaac avait soixante ans à leur naissance. 27 Les garçons grandirent. Esaü était un chasseur expérimenté qui courait la campagne; Jacob était un enfant raisonnable qui habitait sous les tentes. 28 Isaac préférait Esaü, car il appréciait le gibier; Rébecca préférait Jacob. 29 Un jour que Jacob préparait un brouet, Esaü revint des champs. Il était épuisé 30 et dit à Jacob: "Laisse-moi avaler de ce roux, de ce roux-là, car je suis épuisé." C’est pourquoi on l’appela Edom-c’est-à-dire le Roux. 31 Jacob répondit: "Vends-moi aujourd’hui même ton droit d’aînesse." 32 Esaü reprit: "Voici que je vais mourir, à quoi bon mon droit d’aînesse?" 33 Jacob dit: "Aujourd’hui même, jure-le-moi." Esaü le lui jura, il vendit son droit d’aînesse à Jacob, 34 qui lui donna du pain et du brouet de lentilles. Il mangea et but, il se leva et partit. Esaü méprisa son droit d’aînesse. … Ou : « lentilles » et droit d’aînesse. En fait, cela commence dans le sein maternel, le second des deux jumeaux — Jacob — naissant agrippé au talon de son frère — Ésaü. Signe, selon le sens de son nom, que Jacob « supplantera » Ésaü. C’est cela qui s’accomplit lorsque Ésaü abandonne son droit d’aînesse à Jacob « pour un plat de lentilles ». Où il apparaît surtout que la charge que Dieu confie à l’un ou à l’autre ne dépend pas des préséances humaines — ce qui ne les annule pas pour autant ! Elles restent simplement du domaine des conventions humaines, pas du projet de Dieu. On retrouve aussi là le signe qui était donné lors de la conception d’Isaac où Dieu signifiait que son projet ne se réalise pas par la mainmise des hommes sur la biologie. « C’est en toi, SEIGNEUR, que j’espère: tu répondras, Seigneur mon Dieu! » (Psaume 38, 15). Matthieu 11, 25-30Par rolpoup :: dimanche 06 juillet 2008 à 10:30 :: Dimanches & fêtes
Les sages et les enfants Zacharie 9, 9-10 Psaume 145 Romains 8, 9-13 Matthieu 11, 25-30 25 En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : "Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. 26 Oui, Père, c’est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance. 27 Tout m’a été remis par mon Père. Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. 28 "Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. 29 Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. 30 Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger." * Comprendre et mettre en pratique. Telles sont les deux ailes des propos de Jésus rapportés ici. Une remise en question d’une façon de se croire savant et une allusion à une façon de pratiquer la religion comme un fardeau. À cela Jésus oppose la sagesse des enfants et la douceur de son joug de sa conception de la pratique religieuse. * La sagesse. « Nous savons, nous voyons », pensent les interlocuteurs de Jésus, qui donc le prennent de haut. Et voilà que Jésus affirme que c'est leur soi-disant capacité à savoir, leur prétention à être plus malins qui leur est un voile, alors que l’humilité des enfants leur dévoile les mystères. Que peut nous dire ce texte, à nous qui ne prétendons pas à un grand savoir religieux contrairement à qu’il en est à l’époque de Jésus, n’est-ce pas ? Nous connaissons tout de même ses exhortations à l’humilité ! Quelle est notre sagesse ? Est-ce celle par laquelle nous maîtrisons le monde, et connaissons donc les vraies bonnes normes, celles qui nous permettent de décréter ce qui est bien et ce qui mal — en tout cas pour les autres ? Est-ce là la lumière du haut ? Celle dans laquelle Jésus dévoile le Père. Ou est-ce une sagesse qui consiste à se réjouir d’avoir une foi raisonnable — ou de n’en avoir point (et à se considérer comme plus éclairés que de naïfs croyants ; au point, pour certains, de se dire eux-mêmes éclairés : héritage des Lumières ! Quelle humilité !). Tout cela face aux ténèbres qui nous entourent — et que, certes, nous tolérons, effet généreux de notre lumière. La raison est la chose du monde la mieux partagée, disait Descartes, cinglant une ironie sous-jacente : chacun se considérant assez éclairé pour juger que les autres ne le sont pas ! Les gens sont stupides, affirme Monsieur Tout-le-monde ; les gens sauf moi, bien moins naïf, qui le décrète. Mais alors, si telle est notre lumière, n'est-elle pas ténèbres ? Signe d’un aveuglement d'autant plus patent que nous l'ignorons… Notre raison, est-elle si limpide ? Ou moins absurde que celle des autres, ou celle de ceux qui nous ont précédés comme les religieux du temps de Jésus, ainsi que nous voulons si communément le penser ? Eh bien, par la foi miraculeuse — le miracle : ce lieu de l’étonnement, selon un des sens du mot —, étonnement que reçoivent les enfants, Dieu vient briser ce type de prétentions finalement ridicules. Ainsi, est-il plus absurde, ou moins absurde, de croire ou de ne pas croire ce que Dieu nous donne comme fondement nouveau de toute chose, nouvelle création initiée devant un tombeau vide, Création ni plus ni moins incompréhensible et incroyable que la première ? * Concernant la première Création, on estime aujourd’hui que l'Univers observable compte quelques centaines de milliards de galaxies de masse significative, c’est-à-dire contenant quelques centaines de milliards d’étoiles. Ce nombre n’est toutefois pas limitatif, puisque le nombre d’étoiles des galaxies dites « naines », c’est-à-dire ne comptant « que » quelques millions d'étoiles, est difficile à déterminer du fait de leur masse et de leur luminosité très faibles, et qu’en outre d’autres, trop lointaines, échappent à notre observation. L'Univers dans son ensemble, dont l'extension réelle n'est pas connue, est susceptible de compter un nombre immensément plus grand de galaxies. Bref, quelques centaines de milliards de galaxies de masse significative sans compter les galaxies moins grandes, et donc plus difficilement observables, et les autres qui nous échappent ! Notre galaxie, la Voie lactée, est une des centaines de milliards de galaxies observables, et de masse dite « significative ». La Voie lactée a une extension de l'ordre de 100 000 années-lumière. C’est-à-dire que l’on perçoit les étoiles lointaines de notre seule galaxie comme elles étaient il y a 100 000 ans. Et notre galaxie est donc une seule de ces galaxies de quelques centaines de milliards d'étoiles. Le soleil est une des centaines de milliards d’étoiles de cette galaxie, elle-même une parmi quelques centaines de milliards de galaxies semblables observables. Le soleil est donc l’étoile de notre système solaire, autour duquel tourne la terre — sur laquelle se déroule le culte par lequel nous célébrons aujourd’hui celui qui s’est relevé d’entre les morts. * Comme ce premier univers est apparu, un homme s'est relevé de la mort, laissant son tombeau vide et inaugurant un Ciel nouveau et une Terre nouvelle. Est-ce moins compréhensible, plus compréhensible ? Dieu l’a caché aux sages et aux intelligents… L'aveugle n'est-il pas alors celui qui se leurre dans la prétention d'avoir accédé à une clarté telle que les mystères, et jusqu’au mystère de Dieu ou de l’univers, seraient devenus pour lui moins opaques ? Qu’est-ce que cet aveuglement, que n’ont pas les enfants, qui pousse au fond à mépriser les capacités rationnelles de son prochain, ou des hommes et femmes du passé, ou d’autres continents et d’autres sagesses ? Être dans une lumière telle qu'on se place au-dessus de tout — y compris finalement de la grâce, qui est d'abord surprise, et étonnement, lieu d'une incompréhension. La lumière de Dieu est celle qui éblouit, aveugle celui qui ainsi, confesse être aveugle. C'est cette lumière que porte Jésus, sagesse mystérieuse et cachée, que le monde ne reçoit pas (1 Co 1, 20). « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler ». Car sa mise en valeur de la foi et de l’étonnement ne veut pas dire, loin s’en faut, que Jésus nous dispenserait de tout effort intellectuel, de tout apprentissage ! Il ne s’agit pas sous prétexte que Jésus a donné les enfants en exemple face aux prétendues intelligences supérieures de s’imaginer que du coup il condamne l’intelligence et la sagesse. Non, il condamne ceux qui à force d’en être imbus se montrent ni sages ni intelligents. Ce n’est pas la même chose. La force de l’enfant est son humilité, sa capacité à s’étonner. Son absence de prétention. C’est cela que Jésus exalte : une aptitude à recevoir celui que nul ne connaît sinon celui à qui le Fils veut bien le révéler. Cela pour la sagesse. * Le joug, à présent. On sait qu’il est question pour les interlocuteurs de Jésus, outre la sagesse, du joug de la Loi biblique, du fardeau de la mise en pratique de Loi religieuse. L’allusion à cette idée est ici plus que probable. Comme il en est pour la Loi de Moïse, mettre en pratique les paroles de Jésus consiste tout d'abord à commencer par les écouter, dans l’humilité des enfants. Ici rejoint la sagesse des autres rabbins sur la douceur du joug de Dieu. Que répète-t-il dans l’Évangile de Matthieu ? Qu'il s'agit de recevoir l'enseignement de la Bible au plus intime de notre être, indépendamment de tous les qu'en dira-t-on et de tous les qu'en verra-t-on. Méditer, peser, « mastiquer » les paroles bibliques, n'est rien d'autre qu'être en train d'établir pour sa vie des fondements solides. Il s'agit de se confier en Dieu de façon à ce que lui-même produise en nous ce que sa Loi requiert. Luther dira que ce n'est pas le fruit qui produit l'arbre, mais l'inverse ; de même ce n'est pas l'œuvre qui porte la foi, mais l'inverse. Il faut nous souvenir de la distinction nette que fait Matthieu entre la vie intérieure et l’apparence. Une justice publiée sur les toits est vaine, disait Jésus dans le Sermon sur la Montagne. Une prière exhibée n'a d'autre exaucement que la satisfaction d'en obtenir l'admiration d'autrui. Et Jésus d'inviter à la mise au secret, au ciel, présent au milieu de nous, lieu de la liberté, notre récompense, car "là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur" (Mt 6, 21). Il est donc question d'une apparence, vaine, et de la vie intérieure, cachée, mais qui seule est richesse. Et les deux sont en stricte opposition. L'augmentation de l'une est nécessairement au déficit de l'autre. Se confier en Jésus plutôt qu’au regard du voisin quant à la vie devant Dieu, quant à la pratique de la justice, voilà qui est réellement reposant, voilà qui est un joug extrêmement léger, surtout si ce voisin est un connaisseur du poids du joug de la Loi, un spécialiste de ce qui est bien et de ce qui est mal, en général pour autrui plutôt que pour lui. Pour ceux qui se confient en Jésus, la Loi devient Évangile, mise en marche qui libère de tout poids, un vrai repos. * Voilà donc deux aspects de la relation à la Loi que nous propose ici Jésus. Écouter ce qu’elle dit avec humilité — c’est la sagesse, comme celle des enfants — pour connaître cet élément essentiel de la relation avec Dieu, l’humilité précisément, que connaissent les enfants, mais qui est d’un accès si difficile aux sages. Et l’intériorisant ainsi, découvrir combien dès lors ce joug de la Loi devient léger, le joug de Jésus, l’Évangile, devant son regard, dans l’humilité, sans rien à prouver à quiconque, surtout pas à ceux qui savent, ou qui l’imaginent, et qui du coup, chargés du poids de leur grandeur, ignorent ce cœur de la Loi, que connaissent les enfants. Dès lors, « ne vous inquiétez donc pas » et ayez confiance en Dieu pour toute chose. R.P. Antibes, 06.07.08 Matthieu 25, 31-46Par rolpoup :: samedi 05 juillet 2008 à 9:21 :: Général
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