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Genèse 22Par rolpoup :: jeudi 19 juin 2008 à 16:24 :: Général
La ligature d’Isaac Genèse 22 1 Après ces événements, Dieu mit Abraham à l’épreuve et lui dit: Abraham! Il répondit: Me voici! 2 Dieu dit: Prends donc ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t’en dans le pays de Moriya et là, offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai. 3 Abraham se leva de bon matin, sella son âne et prit avec lui ses deux jeunes serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l’holocauste et partit pour se rendre à l’endroit que Dieu lui avait indiqué. 4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin. 5 Alors il dit à ses jeunes serviteurs: Vous, restez ici avec l’âne; le jeune homme et moi nous irons là-haut pour adorer, puis nous reviendrons auprès de vous. 6 Abraham prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac et prit dans sa main le feu et le couteau. Ils marchèrent tous deux ensemble. 7 Alors Isaac adressa la parole à son père Abraham et dit: Mon père! Il (lui) répondit: Me voici, mon fils! (Isaac) reprit: Voici le feu et le bois; mais où est l’agneau pour l’holocauste? 8 Abraham répondit: Mon fils, Dieu va se pourvoir lui-même de l’agneau pour l’holocauste. Et ils marchèrent tous deux ensemble. 9 Lorsqu’ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y construisit l’autel et disposa le bois. Il ligota son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. 10 Puis Abraham étendit la main et prit le couteau pour égorger son fils. 11 Alors l’ange de l’Éternel l’appela du ciel et dit: Abraham! Abraham! Il répondit: Me voici! 12 L’ange dit: N’étends pas ta main sur le jeune homme et ne lui fais rien; car j’ai reconnu maintenant que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. 13 Abraham leva les yeux et vit par derrière un bélier retenu dans un buisson par les cornes; alors Abraham alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils. 14 Abraham donna à cet endroit le nom de Adonaï-Yireéh. C’est pourquoi l’on dit aujourd’hui: Sur la montagne de l’Éternel, il sera pourvu. 15 L’ange de l’Éternel appela Abraham une seconde fois du ciel 16 et dit: Je le jure par moi-même, -oracle de l’Éternel! parce que tu as fait cela, et que tu n’as pas refusé ton fils, ton unique, 17 je te comblerai de bénédictions et je multiplierai ta descendance, comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est au bord de la mer. Ta descendance aura le contrôle de ses ennemis. 18 Toutes les nations de la terre se diront bénies par ta descendance, parce que tu as écouté ma voix. 19 Abraham s’en retourna vers ses jeunes serviteurs, puis ils se levèrent pour aller ensemble à Beér-Chéba, car Abraham habitait à Beér-Chéba. 20 Après ces événements, on fit à Abraham un rapport en ces termes: Milka elle aussi a enfanté des fils à ton frère Nahor: 21 Outs son premier-né, Bouz, son frère, Qemouel, père d’Aram, 22 Késéd, Hazo, Pildach, Yidlaph et Betouel. 23 Betouel a engendré Rébecca. Ce sont là les huit fils que Milka a enfantés à Nahor, frère d’Abraham. 24 Sa concubine, nommée Reouma, a elle aussi eu des enfants: Tébah, Gaham, Tahach et Maaka. Abraham va apprendre, à travers cette épreuve célèbre, que le Dieu unique qu’il célèbre ne veut pas de sacrifices humains ! Leçon d’un prix terrible ! Le sacrifice du premier né est une pratique des cultes idolâtres du Proche-Orient ancien. Les divinités inspirent dès lors une terreur sacrée. Le Dieu unique qui rejette cette pratique — c’est la leçon de l’épisode — n’en est pas moins redoutable. C’est pourquoi la leçon du rejet du sacrifice humain passe par ce tournant et cette épreuve effroyable, où tout laisse à penser, à commencer par la conviction initiale d’Abraham, que c’est là ce que Dieu attend de lui. Et Isaac, homme jeune dans le texte (et pas enfant !), d’entrer dans la démarche. (À noter que le fameux débat judéo-islamique pour savoir s’il ne s’agirait pas d’Ismaël plutôt que d’Isaac ne trouve pas de fondement dans le Coran, qui ne nomme pas le fils en question. Au XIIIe siècle, encore, un penseur musulman aussi significatif qu’Ibn ‘Arabi affirme qu’il s’agit d’Isaac.) La ligature d’Isaac se fait dans la certitude sous-jacente du patriarche — : « Dieu pourvoira » (v. 8 & 14), exprimée plus tard par l’Épître aux Hébreux (11, 19) comme conviction du pouvoir de Dieu de ressusciter les morts — qui le verra recevoir une radicale libération. La libération sera donnée au patriarche à travers le signe terrible que la crainte de Dieu n’est pas exclusive, au cœur de la douleur du monde, de la conviction de sa bonté — souffrante. Où le christianisme lira l’annonce de cet autre signe de la bonté de Dieu : le don de sa vie par le Christ, signant le tragique du monde et ouvrant sur sa libération, dans la résurrection au dimanche de Pâques. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? J’ai beau rugir, mon salut reste loin. Le jour, j’appelle, et tu ne réponds pas, mon Dieu; La nuit, et je ne trouve pas le repos » (Psaume 22, 1-2) Trackbacks
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