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Romains 13

Par rolpoup :: mardi 10 juin 2008 à 10:57 :: Général

 

 

 

 

 

 

 

 

Le pouvoir de l’État

 

 

 

Romains 13

1  Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures; car il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu.

2  C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre de Dieu, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes.

3  Les gouvernants ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal. Veux-tu ne pas craindre l’autorité? Fais le bien, et tu auras son approbation,

4  car elle est au service de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, sois dans la crainte; car ce n’est pas en vain qu’elle porte l’épée, étant au service de Dieu pour (montrer) sa vengeance et sa colère à celui qui pratique le mal.

5  Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement à cause de cette colère, mais encore par motif de conscience.

6  C’est aussi pour cela que vous payez les impôts. Car (ceux qui gouvernent) sont au service de Dieu pour cette fonction précise.

7  Rendez à chacun ce qui lui est dû: la taxe à qui vous devez la taxe, l’impôt à qui vous devez l’impôt, la crainte à qui vous devez la crainte, l’honneur à qui vous devez l’honneur.

8  Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres; car celui qui aime les autres a accompli la loi.

9  En effet (les commandements): Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, tu ne rendras pas de faux témoignage, tu ne convoiteras pas, et tout autre commandement se résument dans cette parole: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

10  L’amour ne fait pas de mal au prochain: l’amour est donc l’accomplissement de la loi.

11  D’autant que vous savez en quel temps nous sommes: c’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru.

12  La nuit est avancée, le Jour approche. Dépouillons-nous donc des oeuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière.

13  Marchons honnêtement, comme en plein jour, sans excès de table ni de boisson, sans luxure ni dérèglement, sans discorde ni jalousie.

14  Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et ne vous mettez pas en souci de la chair pour en satisfaire les convoitises.

 

 

Voilà un texte à la base de la reconnaissance par les chrétiens de l’État comme « détenteur du monopole de la violence légitime » pour employer le vocabulaire moderne et rousseauiste.

 

Paul vient d’appeler les croyants à la liberté à l’égard du désir — fût-il compréhensible — de se venger de l’offense subie. Paul lançait cet appel au nom de ce que Dieu seul est le juge et le « vengeur » ultime.

 

Reste à savoir ce qu’il en est concrètement. Paul passe alors à la question de l’État, détenteur en quelque sorte — par la concentration entre ses mains du monopole de la violence — de la délégation divine à la tâche de la justice et à la mise en œuvre des sanctions. Comme il est détenteur du droit de lever l’impôt.

 

Où il ne faut pas pousser le texte :

- puisque l’Empire romain connaissait la peine de mort, comme le précise le texte, certains ont voulu y voir une légitimation apostolique de la peine de mort ! Tout au plus Paul ne conteste pas le fait que l’Empire revendique le monopole de cette violence-là. Mais rien, dans le propos de l’Apôtre, n’interdit l’abolition de ce type de sanctions, et leur remplacement par d’autres pratiques !

- puisque l’Apôtre invite à se soumettre à l’état de fait du pouvoir impérial, certains y ont vu ont un refus de toute résistance à l’oppression pour peu qu’elle soit le fait d’un État institué ! C’est aussi ce que ne dit pas le texte : Paul lui-même est au fondement d’une Église qui jugera illégitime l’injonction romaine du culte impérial !

 

L’Église est héritière d’une autre loi : la loi biblique, qui ouvre entre autres, à la vie dans le Cité, tout en faisant refuser le culte impérial. Cette loi a donc aussi une fonction politique. Ce n’est pourtant pas là sa fonction primordiale : autre est sa fonction normative…

 

« Celui qui aime les autres a accompli la loi ». Telle est la conviction de Paul concernant l’ « usage normatif » de la loi, conviction que l’on retrouve aussi en fin de l’Épître aux Galates.

 

On n’est plus dans les questions du salut, où l’Apôtre pose la loi comme le pédagogue qui nous conduit au Christ pour en recevoir la parole du salut gratuit.

 

À présent on entre dans la question du vécu quotidien, où l’on retrouve la loi, mais à titre de norme indicative, comme parole d’injonction à une vie renouvelée signifiée dans les relations humaines.

 

« L’insensé dit en son cœur: Il n’y a point de Dieu! Ils se sont corrompus, ils ont commis des actions horribles; Il n’en est aucun qui fasse le bien.

L’Éternel, du haut des cieux, se penche sur les êtres humains, Pour voir s’il y a quelqu’un qui ait du bon sens, Qui cherche Dieu.

Tous sont égarés, ensemble ils sont pervertis; Il n’en est aucun qui fasse le bien, Pas même un seul » (Psaume 14, 1-3).

 

 

 

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