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Matthieu 23, 23 - 24, 14Par rolpoup :: lundi 30 juin 2008 à 23:13 :: Général
Signes de la fin du temps Matthieu 23, 23 - 24, 14 23 Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qu’il y a de plus important dans la loi: le droit, la miséricorde et la fidélité; c’est là ce qu’il fallait pratiquer sans laisser de côté le reste. 24 Conducteurs aveugles! Qui retenez au filtre le moucheron et qui avalez le chameau. 25 Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites! Parce que vous purifiez le dehors de la coupe et du plat, alors qu’en dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance. 26 Pharisien aveugle! Purifie premièrement l’intérieur de la coupe et du plat, afin que l’extérieur aussi devienne pur. 27 Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis qui paraissent beaux au dehors, et qui au dedans sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impureté. 28 Vous de même, au dehors, vous paraissez justes aux hommes mais au dedans vous êtes remplis d’hypocrisie et d’iniquité. 29 Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites! Parce que vous bâtissez les sépulcres des prophètes et ornez les tombeaux des justes, 30 et que vous dites: Si nous avions vécu au temps de nos pères, nous ne nous serions pas associés à eux pour (répandre) le sang des prophètes. 31 Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. 32 Mettez donc le comble à la mesure de vos pères! 33 Serpents, engeance de vipères! Comment fuirez-vous la condamnation de la géhenne? 34 C’est pourquoi, je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes. Vous tuerez et crucifierez les uns, vous flagellerez les autres dans vos synagogues et vous les persécuterez de ville en ville, 35 afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Bérékia, que vous avez tué entre le temple et l’autel. 36 En vérité je vous le dis, tout cela viendra sur cette génération. 37 Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu! 38 Voici: votre maison vous est laissée déserte, 39 car je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais jusqu’à ce que vous disiez: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! 1 Jésus était sorti du temple et s’en allait. Ses disciples s’avancèrent pour lui faire remarquer les constructions du temple. 2 Prenant la parole, il leur dit: "Vous voyez tout cela, n’est-ce pas? En vérité, je vous le déclare, il ne restera pas ici pierre sur pierre: tout sera détruit." 3 Comme il était assis, au mont des Oliviers, les disciples s’avancèrent vers lui, à l’écart, et lui dirent: "Dis-nous quand cela arrivera, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde." 4 Jésus leur répondit: "Prenez garde que personne ne vous égare. 5 Car beaucoup viendront en prenant mon nom; ils diront: C’est moi, le Messie, et ils égareront bien des gens. 6 Vous allez entendre parler de guerres et de rumeurs de guerre. Attention! Ne vous alarmez pas: il faut que cela arrive, mais ce n’est pas encore la fin. 7 Car on se dressera nation contre nation et royaume contre royaume; il y aura en divers endroits des famines et des tremblements de terre. 8 Et tout cela sera le commencement des douleurs de l’enfantement. 9 Alors on vous livrera à la détresse, on vous tuera, vous serez haïs de tous les païens à cause de mon nom; 10 et alors un grand nombre succomberont; ils se livreront les uns les autres, ils se haïront entre eux. 11 Des faux prophètes surgiront en foule et égareront beaucoup d’hommes. 12 Par suite de l’iniquité croissante, l’amour du grand nombre se refroidira; 13 mais celui qui tiendra jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. 14 Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera proclamée dans le monde entier; tous les païens auront là un témoignage. Et alors viendra la fin.
Après une diatribe à l'égard de ses corréligionnaires qu'il veut ainsi éveiller aux signes des temps, Jésus, en vue de sa prochaine arrestation, pleure sur Jérusalem, sur laquelle la menace romaine ne va faire que s’intensifier. Et Jésus reprend en une litanie les récriminations des prophètes. Les mêmes propos sur la distance entre la vocation à la sainteté et la réalité de ce qu’est l’homme : un monde déficient, ce qui se traduit par un exil irrémédiable. Drame de l’histoire humaine dont celle d’Israël est comme un condensé en regard du vis-à-vis du Dieu de la Bible — qui apporte ce recours remarquable, celui de la foi, qui rend possible malgré tout la persévérance dans l’être : l’appel à Dieu, à celui qui vient en son Nom. Quand Jésus annonce la destruction de Jérusalem, signe en soi de la fin du temps, les disciples lui demandent des signes précurseurs de l’événement. Jésus reprend ce que disaient alors les prophètes de la Bible hébraïque, qui eux aussi ont annoncé les guerres et les violences précédant la destruction du premier Temple. Eux aussi ont proclamé la parole de Dieu au milieu d’un peuple égaré par les faux prophètes et les mauvais rois-messies. Jésus présente alors cela, et la détresse immense qui s’annonce, comme douleurs d’enfantement du monde promis : au cœur des douleurs, la parole proclamée est elle-même la promesse et le germe du temps nouveau. « SEIGNEUR, j’ai fait de toi mon refuge, que je ne sois jamais déçu! Libère-moi par ta justice; tends vers moi l’oreille! Vite! Délivre-moi! Sois pour moi le rocher fortifié, le château fort qui me sauvera. » (Psaume 31, 1-2). Matthieu 16, 13-19Par rolpoup :: dimanche 29 juin 2008 à 10:30 :: Dimanches & fêtes
La Confession de Pierre Actes 12, 1-11 Psaume 34 2 Timothée 4, 6-18 Matthieu 16, 13-19 13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus interrogeait ses disciples: "Au dire des hommes, qui est le Fils de l’homme?" 14 Ils dirent: "Pour les uns, Jean le Baptiste; pour d’autres, Élie; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes." 15 Il leur dit: "Et vous, qui dites-vous que je suis?" 16 Prenant la parole, Simon-Pierre répondit: "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant." 17 Reprenant alors la parole, Jésus lui déclara: "Heureux es-tu, Simon fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. 18 Et moi, je te le déclare: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et la Puissance de la mort n’aura pas de force contre elle. 19 Je te donnerai les clés du Royaume des cieux; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux." * “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant” (v.16), a dit Pierre. À dessein sans doute, pour bien marquer que la fonction messianique est plus large que ce que voudraient certains, Matthieu a donné le terme en grec, “Christ”, traduction étrangère de l’hébreu ou araméen “Messie”. Et Jésus de souligner tout le sens du propos : “ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela” (v.17). Quant au Messie en effet, on aurait pu alors être porté à penser qu’il y avait chez lui une dimension chair et sang — du fait de la succession dynastique ; et qu'il privilégierait ceux de sa chair et de son sang. Mais c'est — au-delà de la chair et du sang — du Dieu vivant, que le Christ est le Fils, du Dieu qui est au-delà des conceptions étriquées qu'on peut s'en faire au nom de telle ou telle appartenance. Jésus est ainsi le Messie d'un Royaume universel. Il met fin à la dynastie dans laquelle est inscrit de façon symbolique sa messianité : la dynastie de David. Selon l’Évangile de Matthieu, il est au terme de cette dynastie ; mais cela par Joseph, qui selon le même Matthieu, n’est pas son géniteur. Et contre tel roman à la mode, il n’a pas de descendance biologique (il est surprenant que la gravité de cet aspect d’un fameux roman ait échappé à la plupart des critiques : l’importance donnée à la biologie, aux gènes). Contre cela, voilà un épisode de l’Évangile qui nous dit quelque chose de très important sur la filiation divine, qui, à commencer par le Christ, le Fils de Dieu, est au-delà de la biologie. Ici la filiation dynastique est de l’ordre du symbole. Jésus lui-même le soulignera. Souvenez-vous : on dit que le Messie est fils de David ? Comment alors David peut-il l’appeler son Seigneur ? (Marc 12, 35-37). Jésus, au terme — non-biologique — de la dynastie de David, accomplit ainsi la volonté de Dieu exprimée dans le refus du prophète Samuel au jour où le peuple veut un roi — que Dieu lui concède tout de même. Voilà qui est d’une portée considérable, condamnant à terme par avance tout système dynastique. N’oublions pas que les premiers républicains stricts seront les protestants anglais de la première Révolution anglaise, au XVIe siècle — et ils seront républicains au nom de leur foi, qui fonde l’humanité en Dieu seul, au-delà de la biologie. Et cela signe aussi la condamnation de tout racisme, au-delà de l’appartenance à une dynastie (qu’on appelait antan une ‘race’) : on n’est pas ce qu’on est devant Dieu pour des raisons de biologie. « Tu es le Christ le Fils de Dieu » a dit Pierre (il n’a pas dit « le fils de David) : « ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela », lui répond Jésus. Voilà qui ouvre une espérance universelle, tout simplement — ce que souligne le fait que le terme est donné d’emblée en traduction grecque par Matthieu. Et pourtant, face à la dimension chair et sang, l'espérance que le Messie, censé être lui-même dynastique, privilégierait sa chair et son sang a tout pour séduire le peuple. Ce que l’on peut comprendre : la situation économique est très difficile — peu avant Jésus multipliait les pains pour nourrir la foule. On est en outre sous domination romaine. Rien pour encourager une vision universaliste du Royaume. Il n'est pas jusqu'aux disciples eux-mêmes qui n'aient la tentation de succomber à l'étroitesse de vue concernant le Royaume de Dieu. Comme, dans la suite de notre texte, l’Apôtre Pierre. Ce n'est pas aux grands pharisiens, aux vrais maîtres rabbiniques, que Jésus s'oppose. Ils ont eux-mêmes souvent tenu des positions similaires aux siennes. Jésus ne s'oppose qu'à l'interprétation étriquée qu'on en fait, et cela jusque parmi les disciples, en ces temps de crise. Comme les anciens prophètes, ceux des pharisiens qui savent marcher dans leurs pas, écoutent la Loi. C'est pourquoi ils pouvaient se réclamer des promesses universelles pour le Jour du Royaume. Ne croyons donc pas que ce schisme qui divisera bientôt la communauté du Dieu unique en Église d'un côté et Synagogue de l'autre soit imputable à un soi-disant aveuglement de la Synagogue, comme on l'a hélas rabâché pendant des siècles. Rappelons-nous que le schisme est intervenu plusieurs années après Jésus. À y regarder de près, on doit trouver la racine du schisme dans le quiproquo entre universalisme et repli sur soi qui traverse en fait aussi bien la communauté des disciples que la Synagogue. C'est ce quiproquo qui a débouché, lorsque la communauté chrétienne s'est trouvée avoir accueilli en son sein une majorité de païens, sur un nouveau type de tensions. Tensions entre d’une part ceux qui pratiquent la Loi de Moïse, juifs ou chrétiens, et de l’autre ceux parmi les chrétiens qui en abandonnent certaines cérémonies, circoncision notamment. Ce sont ces nouvelles tensions, que décrit le livre des Actes des Apôtres, qui ont débouché sur le schisme. En proie à un problème qui n'a pu être géré à temps, la Synagogue, et le parti pharisien, où existent pourtant des courants proches de Jésus — courants nettement universalistes —, la Synagogue n’a pourtant pu alors que se résoudre à la rupture, devant une Église tentée d’abandonner déjà les rites de la Loi de Moïse. C'est le conflit qui agite l’Église primitive. L’Église abandonne ces rites en vue d’intégrer les nombreux païens, nos ancêtres spirituels en quelque sorte, qu’elle accueille, selon le vœu de Paul, sans les réduire à l'identique. La Synagogue, devant cette entrée en masse des étrangers, a opté pour la rupture plutôt que pour ce qui lui apparaît comme une perte d’identité. Un schisme donc, qui satisfait sans doute les extrémistes des deux camps. Mais que déplorent ceux qui comme Jésus veulent éviter les quiproquos. Voilà donc pourquoi Jésus refuse de voir publier sa messianité. Il a suffisamment de difficultés comme ça avec les quiproquos incessants ; inutile d'en rajouter. Lui ne cesse de prêcher l'amour du prochain quel qu'il soit. Nulle crainte dans sa prudence. Jésus le sait : sa fidélité au message universel de l'amour de Dieu lui vaudra la mort, et la fera risquer à quiconque lui sera fidèle. Jésus invite alors les siens, son peuple, même au cœur des quolibets, à n'avoir pas honte de ses paroles, celles de l'amour de Dieu pour tous les hommes. Cela reste parfaitement d’actualité. Où sont aujourd’hui les Pierre confessant Jésus Fils de Dieu contre la chair et le sang ? Contre quelle chair et quel sang le font-ils ? De quelle souche, protestante par exemple, nous sentons-nous ? Quelle priorité nous donnons-nous pour cela ? * Il est encore temps de venir devant le Messie universel. Il est encore temps d'entrer dans le Royaume, où "il n'y a ni juif, ni grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme" (Ga 3:28), ni Européen, ni Africain, Asiatique ou Américain, ni protestant de souche ni chrétien néophyte, mais le Royaume où tous sont un en Jésus-Christ. Le reste est question d’organisation, ce qui n’est certes pas sans importance. On a vu les conséquences dans l’Église primitive : la rupture entre Église et Synagogue. Mais au-delà de ces questions, au-delà de la chair et du sang, "tu es le Christ, le Messie universel, le Fils du Dieu vivant", a dit Pierre. "Tu es béni, Simon, Pierre, répond Jésus. Et sur cette pierre, celle posée par l'Apôtre qui vient de confesser la messianité de Jésus, sur cette pierre, le Christ lui-même plutôt que l’Apôtre Pierre (1 P 2:4-6), le Christ comme espérance universelle du Royaume pour tous les peuples, je bâtirai mon Église" (v.18). * Il en résulte que le Christ n’est la propriété d’aucun peuple, d’aucune Église. Il est au-delà des appartenances de chair et de sang, le Fils de Dieu, le sauveur de l’univers. Voyons-nous le fait d’être chrétiens, protestants, de l’être depuis des générations, comme fondant un privilège, des droits particuliers, une qualité particulière de relation avec Dieu ? C’est une telle illusion qu’il nous appartient de dépasser pour découvrir en Jésus, avec Pierre, le Fils de Dieu par lequel nous pouvons recevoir de devenir enfants de Dieu nous-mêmes, au-delà de telle ou telle appartenance. R.P. Vence, 29.06.08 Matthieu 22, 34 - 23, 22Par rolpoup :: samedi 28 juin 2008 à 21:39 :: Général
Le statut de Messie et l’enseignement biblique Matthieu 22, 34 - 23, 22 34 Les Pharisiens apprirent qu’il avait réduit au silence les Sadducéens, ils se rassemblèrent, 35 et l’un d’eux, docteur de la loi, lui posa cette question pour le mettre à l’épreuve: 36 Maître, quel est le grand commandement de la loi? 37 Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. 38 C’est le premier et le grand commandement. 39 Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. 40 De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. 41 Comme les Pharisiens étaient assemblés, Jésus leur posa cette question: 42 Que pensez-vous du Christ? De qui est-il le fils? Ils lui répondirent: de David. 43 Et Jésus leur dit: Comment donc David, (animé) par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, lorsqu’il dit: 44 Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite. Jusqu’à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds? 45 Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils? 46 Nul ne put lui répondre un mot. Et, depuis ce jour, personne n’osa plus lui poser de questions. 1 Alors Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples et dit: 2 Les scribes et les Pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. 3 Faites donc et observez tout ce qu’ils vous diront mais n’agissez pas selon leurs oeuvres. Car ils disent et ne font pas. 4 Ils lient des fardeaux pesants et les mettent sur les épaules des hommes, mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. 5 Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils élargissent leurs phylactères et ils agrandissent les franges de leurs vêtements; 6 ils aiment la première place dans les repas, les premiers sièges dans les synagogues et les salutations sur les places publiques; 7 (ils aiment) aussi être appelés par les hommes, Rabbi. 8 Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. 9 Et n’appelez personne sur le terre père, car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. 10 Ne vous faites pas appeler directeurs, car un seul est votre Directeur, le Christ. 11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. 12 Qui s’élèvera sera abaissé, et qui s’abaissera sera élevé. 13 Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites! Parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui le voudraient. 14 Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites! Parce que vous dévorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l’apparence de longues prières; à cause de cela, vous subirez une condamnation particulièrement sévère. 15 Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites! Parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte, et, quand il l’est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois pire que vous. 16 Malheur à vous, conducteurs aveugles! Qui dites: Si quelqu’un jure par le temple, cela ne compte pas; mais si quelqu’un jure par l’or du temple, il est engagé. 17 Insensés et aveugles! Lequel est le plus grand, l’or, ou le temple qui sanctifie l’or? 18 Si quelqu’un, dites-vous encore, jure par l’autel, cela ne compte pas; mais si quelqu’un jure par l’offrande qui est sur l’autel, il est engagé. 19 Aveugles lequel est le plus grand, l’offrande, ou l’autel qui sanctifie l’offrande? 20 Celui qui jure par l’autel jure par l’autel et par tout ce qui est dessus; 21 celui qui jure par le temple jure par le temple et par celui qui l’habite, 22 et celui qui jure par le ciel jure par le trône de Dieu et par celui qui y est assis. Voici à nouveau une question-épreuve posée par les pharisiens — sans les hérodiens cette fois : on entre dans le registre théologique. Les pharisiens posent donc la question-clef en matière de compréhension de la Torah : quel est son cœur ? Et Jésus répond correctement, dans la droite ligne de la lecture pharisienne (et les évangiles montrent aussi des pharisiens répondant eux-même, exactement dans les mêmes termes, à la même question) : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. — Tu aimeras ton prochain comme toi-même », deux citations de la Torah repérées comme centrales. Jésus ayant ainsi répondu à toutes les questions-épreuves, pose à son tour une question théologique. Il renvoie alors à son statut d’envoyé de Dieu via une question sur le Messie, fils de David, et manifestation du règne de Dieu lui-même — et à ce titre Seigneur de David-même. La question de Jésus revient à dire que, quoiqu’il en soit du signe de l’ascendance davidique, être Messie ne relève pas de la biologie. Être fils de Dieu ne relève pas de la biologie. Cela vaut pour le Messie a fortiori cela vaut-il pour tout un chacun. Puis Jésus d’enfoncer le clou de sa réponse aux attaques : en fait, il est d’accord avec l’enseignement pharisien. Ne reste plus qu’à le mettre en pratique ! En premier lieu pour ceux qui le portent, les pharisiens, mais cela vaut évidemment pour tous les autres : « faites donc et observez tout ce qu’ils vous diront ». L’enseignement issu de la Torah reste incontournable. Même si cela ne veut pas dire que ceux qui le portent sont irréprochables ! Ici Jésus rejoint les interpellations des prophètes bibliques, souvent encore plus sévères que lui eu égard aux transgression de la Loi, auraient-elles comme celles que Jésus dénonce ici, de très bons prétextes. Une interpellation qui vaudra bien sûr aussi pour les prédicateurs des Églises chrétiennes : quelle que soit leur fidélité exégétique au message biblique et évangélique, quand la fidélité de leur pratique laissera à désirer, il se s’agira pas de les imiter ! « Je t’exalte, SEIGNEUR, car tu m’as repêché; tu n’as pas réjoui mes ennemis à mes dépens. SEIGNEUR mon Dieu, j’ai crié vers toi, et tu m’as guéri » (Psaume 30, 1-2). Matthieu 22, 23-33Par rolpoup :: jeudi 26 juin 2008 à 8:33 :: Général
Résurrection des morts Matthieu 22, 23-33 23 Le même jour, les Sadducéens, qui disent qu’il n’y a pas de résurrection, s’approchèrent de Jésus et lui posèrent cette question: 24 Maître, Moïse a dit: Si quelqu’un meurt sans enfants, son frère épousera la veuve et suscitera une descendance à son frère. 25 Or, il y avait parmi nous sept frères. Le premier se maria et mourut, et comme il n’avait pas d’enfants, il laissa sa femme à son frère. 26 Il en fut de même du deuxième, puis du troisième, jusqu’au septième. 27 Après eux tous, la femme mourut. 28 A la résurrection, duquel des sept frères sera-t-elle donc la femme? Car tous l’ont eue. 29 Jésus leur répondit: Vous êtes dans l’erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu. 30 Car à la résurrection, les hommes ne prendront pas de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. 31 Pour ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit: 32 Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob? Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. 33 Les foules qui écoutaient furent frappées de l’enseignement de Jésus. Après les hérodiens et les pharisiens, c’est autour des sadducéens de poser leur question à Jésus. Cela concernera ce point de débat qu’ils ont aussi avec les pharisiens, avec lesquels Jésus va se montrer en plein accord. Question classique face à l’affirmation de la résurrection que la question des sadducéens : on commence par faire de la résurrection une interprétation matérialiste — façon de retour de cadavre, ce que n’est pas la résurrection, et pour être précis, ce que n’est pas la résurrection de la chair. Il y a une différence entre l’affirmation du statut éternel devant Dieu, de tout l’être, et donc de la chair, et l’idée que cela impliquerait que cela doive être une croyance puérile et matérialiste. Évidemment, des ennemis de la notion de résurrection l’interprètent de la sorte pour mieux la discréditer : et ô comble, certains de ceux qui se rallient à cette notion apportent de l’eau à leur moulin en abondant dans leur sens ! Ce que ne fera pas Jésus, naturellement face à cette contradiction par l’absurde. Jésus reprend une argumentation classique dans l’interprétation du texte biblique : la résurrection est la présence éternelle, devant Dieu, tout l’être, de chaque individu, dont Dieu connaît le nom, à qui il donne son nom éternel. Où il n’est évidemment pas question de vie matrimoniale, condition de ce temps provisoire… « SEIGNEUR, je fais appel à toi. Mon roc, ne sois pas sourd! Si pour moi tu restes muet, je ressemblerai aux moribonds » (Psaume 28, 1). Matthieu 22, 15-22Par rolpoup :: mercredi 25 juin 2008 à 22:05 :: Général
Rendre à Mammon ce qui appartient à Dieu ! Matthieu 22, 15-22 15 Alors les Pharisiens allèrent se consulter sur les moyens de prendre Jésus au piège de ses propres paroles. 16 Ils envoyèrent auprès de lui leurs disciples avec les Hérodiens: Maître, lui dirent-ils, nous savons que tu es véridique, et que tu enseignes la voie de Dieu en toute vérité, sans redouter personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes. 17 Dis-nous donc ce que tu en penses: Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César? 18 Mais Jésus qui connaissait leur malice répondit: Pourquoi me mettez-vous à l’épreuve, hypocrites? 19 Montrez-moi la monnaie avec laquelle on paie le tribut. Et ils lui présentèrent un denier. 20 Il leur demanda: De qui sont cette effigie et cette inscription? 21 De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit: Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. 22 Étonnés de ce qu’ils entendaient, ils le quittèrent et s’en allèrent. Voilà un piège dont Jésus devrait ne pas se sortir : des pharisiens qui viennent avec les hérodiens ! Surprenant ! Que les hérodiens ne supportent pas Jésus, on le comprend, ils sont payés pour ça : ce sont les pantins des Romains. Mais les pharisiens, censés être, comme les disciples de Jésus, du parti de ceux qui n’entendent pas légitimer Rome, en viennent à comploter avec eux, voilà qui est plus inquiétant. La question est difficile. Apparemment, une seule alternative : payer ou ne pas payer. Ce qui revient, - dans le premier cas à mener Jésus à dire devant les hérodiens, qui s’empresseront de faire leur rapport aux autorités, qu’il est le porte-parole, voire le Messie, d’un royaume souverain, Israël, et qu’il n’est évidemment pas comme Hérode, à la solde de Rome. - À moins que, pire, Jésus ne se défile, et que lâchement, il ne prône la soumission symbolique, par l’impôt, se discréditant auprès des siens ! Auquel cas, ce sont les pharisiens qui se chargeront de colporter la nouvelle. Les circonlocutions flatteuses ont mis la puce à l’oreille de Jésus, il s’agit de le piéger. À leur longue introduction, répond un bref : « hypocrites, pourquoi me tendez-vous un piège ? » Puis Jésus en vient à la question, la seule, qui lui est posée : l’impôt à César. « Rendez à César ce qui est à César », a dit Jésus. Cela pour les hérodiens. Voilà une parole sans ambiguïté : sur la pièce est une idole, César est cette idole. Que les affaires d’idoles restent entre les idolâtres. Pas de quoi satisfaire les hérodiens, traités implicitement d’idolâtres. Car il ne faut pas s’y tromper : par son « rendez à César… », Jésus ne vient pas de légitimer l’Empire romain. C’est à tort qu’on fait professer à Jésus une théorie du double pouvoir : le temporel à César, le spirituel à Dieu, et pourquoi pas, plus tard, à celui qui est censé le représenter, le pape ? Ce serait faire des hérodiens satisfaits… | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||