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UN AUTRE TEMPS

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Genèse 5

Par rolpoup :: mercredi 30 avril 2008 à 8:36 :: Général

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre deux temps

 

 

 

Genèse 5

1  Voici le livre de la postérité d’Adam. Le jour où Dieu créa Adam, il le fit à la ressemblance de Dieu.

2  Homme et femme il les créa, il les bénit et les appela du nom d’Homme, au moment où ils furent créés.

3  Adam, âgé de 130 ans, engendra (un fils) à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de Seth.

4  Les jours d’Adam, après la naissance de Seth, furent de 800 ans; et il engendra des fils et des filles.

5  La durée totale de sa vie fut de 930 ans; puis il mourut.

6  Seth, âgé de 105 ans, engendra Enosch.

7  Seth vécut, après la naissance d’Enosch 807 ans et il engendra des fils et des filles.

8  La durée totale de sa vie fut de 912 ans; puis il mourut.

9  Enosch, âgé de 90 ans, engendra Qénân.

10  Enosch vécut, après la naissance de Qénân 815 ans et il engendra des fils et des filles.

11  La durée totale de sa vie fut de 905 ans; puis il mourut.

12  Qénân, âgé de 70 ans, engendra Mahalaleél.

13  Qénân vécut, après la naissance de Mahalaleél 840 ans et il engendra des fils et des filles.

14  La durée totale de sa vie fut de 910 ans; puis il mourut.

15  Mahalaleél, âgé de 65 ans, engendra Yéred.

16  Mahalaleél vécut, après la naissance de Yéred 830 ans et il engendra des fils et des filles.

17  La durée totale de sa vie fut de 895 ans; puis il mourut.

18  Yéred, âgé de 162 ans, engendra Hénok.

19  Yéred vécut après la naissance d’Hénok 800 ans et il engendra des fils et des filles.

20  La durée totale de sa vie fut de 962 ans; puis il mourut.

21  Hénok, âgé de 65 ans, engendra Mathusalem.

22  Hénok, après la naissance de Mathusalem, marcha 300 ans avec Dieu et il engendra des fils et des filles.

23  La durée totale de sa vie fut de 365 ans.

24  Hénok marcha avec Dieu; puis il ne fut plus, parce que Dieu l’enleva.

25  Mathusalem, âgé de 187 ans, engendra Lémek.

26  Mathusalem vécut, après la naissance de Lémek, 782 ans et il engendra des fils et des filles.

27  La durée totale de sa vie fut de 969 ans; puis il mourut.

28  Lémek, âgé de 182 ans, engendra un fils.

29  Il lui donna le nom de Noé, en disant: Celui-ci nous consolera de la peine que nous causent nos durs travaux manuels sur le sol que l’Éternel a maudit.

30  Lémek vécut, après la naissance de Noé, 595 ans et il engendra des fils et des filles.

31  La durée totale de sa vie fut de 777 ans; puis il mourut.

32  Noé, âgé de 500 ans, engendra Sem, Cham et Japhet.

 

 

L’histoire, dans laquelle on commence à entrer, l’histoire avec sa violence et son tragique, qui a commencé de se dérouler, advient comme par paliers d’une chute.

 

Déjà dans l’histoire — avec ses meurtres et ses cités — avec l’aventure de Caïn, le récit nous situe cependant encore en partie dans l’autre temps, au-delà de l’histoire : la postérité de l’Homme — Adam — qui nous est donnée ici, en est l’indice : des patriarches dont les âges les placent dans la proximité de la source de toute chose — Dieu pour qui mille ans son comme un jour (Ps 90 — 2 Pierre 3) ; un ancien monde, un autre temps, qui n’a alors pas encore été complètement englouti (2 Pierre 3).

 

Mais l’histoire est en marche, qui éloigne inéluctablement le temps de sa source, et ça ne saurait tarder…

 

« Heureux quiconque craint l’Éternel Et marche dans ses voies ! » (Psaume 128, 1)

 

 

 

Genèse 4

Par rolpoup :: mardi 29 avril 2008 à 8:11 :: Général

 

 

 

 

 

 

 

 

Au départ de l’histoire de la civilisation

 

 

 

Genèse 4

1  L’homme connut Eve sa femme. Elle devint enceinte, enfanta Caïn et dit: "J’ai procréé un homme, avec le SEIGNEUR."

2  Elle enfanta encore son frère Abel. Abel faisait paître les moutons, Caïn cultivait le sol.

3  A la fin de la saison, Caïn apporta au SEIGNEUR une offrande de fruits de la terre;

4  Abel apporta lui aussi des prémices de ses bêtes et leur graisse. Le SEIGNEUR tourna son regard vers Abel et son offrande,

5  mais il détourna son regard de Caïn et de son offrande. Caïn en fut très irrité et son visage fut abattu.

6  Le SEIGNEUR dit à Caïn: "Pourquoi t’irrites-tu? Et pourquoi ton visage est-il abattu?

7  Si tu agis bien, ne le relèveras-tu pas? Si tu n’agis pas bien, le péché, tapi à ta porte, te désire. Mais toi, domine-le."

8  Caïn parla à son frère Abel et, lorsqu’ils furent aux champs, Caïn attaqua son frère Abel et le tua.

9  Le SEIGNEUR dit à Caïn: "Où est ton frère Abel?" -"Je ne sais, répondit-il. Suis-je le gardien de mon frère?" —

10  "Qu’as-tu fait? reprit-il. La voix du sang de ton frère crie du sol vers moi.

11  Tu es maintenant maudit du sol qui a ouvert la bouche pour recueillir de ta main le sang de ton frère.

12  Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa force. Tu seras errant et vagabond sur la terre."

13  Caïn dit au SEIGNEUR: "Ma faute est trop lourde à porter.

14  Si tu me chasses aujourd’hui de l’étendue de ce sol, je serai caché à ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera."

15  Le SEIGNEUR lui dit: "Eh bien! Si l’on tue Caïn, il sera vengé sept fois." Le SEIGNEUR mit un signe sur Caïn pour que personne en le rencontrant ne le frappe.

16  Caïn s’éloigna de la présence du SEIGNEUR et habita dans le pays de Nod à l’orient d’Eden.

17  Caïn connut sa femme, elle devint enceinte et enfanta Hénok. Caïn se mit à construire une ville et appela la ville du nom de son fils Hénok.

18  Irad naquit à Hénok et Irad engendra Mehouyaël; Mehiyyaël engendra Metoushaël et Metoushaël engendra Lamek.

19  Lamek prit deux femmes; l’une s’appelait Ada et l’autre Cilla.

20  Ada enfanta Yabal; ce fut lui le père de ceux qui habitent des tentes avec des troupeaux.

21  Son frère s’appelait Youbal; ce fut lui le père de tous ceux qui jouent de la cithare et du chalumeau.

22  Cilla, quant à elle, enfanta Toubal-Caïn qui aiguisait tout soc de bronze et de fer; la soeur de Toubal-Caïn était Naama.

23  Lamek dit à ses femmes: "Ada et Cilla, écoutez ma voix! Femmes de Lamek, tendez l’oreille à mon dire! Oui, j’ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure.

24  Oui, Caïn sera vengé sept fois, mais Lamek soixante-dix-sept fois."

25  Adam connut encore sa femme, elle enfanta un fils et le nomma Seth, "car Dieu m’a suscité une autre descendance à la place d’Abel, puisque Caïn l’a tué".

26  A Seth, lui aussi, naquit un fils qu’il appela du nom d’Enosh. On commença dès lors à invoquer Dieu sous le nom de SEIGNEUR.

 

 

Caïn ou « possession », « acquisition », Abel ou « fragilité », « volatilité ». Un « propriétaire », à l’origine du statut de sédentaire, agriculteur, fondateur de la Cité, meurtrier d’un éleveur, donc nomade, au statut fragile comme son nom.

 

Ainsi commencent les choses. Et Dieu n’agrée pas, dès le départ, celui dont naîtra la civilisation — urbaine (pléonasme ?) — et qui en conçoit le meurtre de son frère qui connaît par son statut sa dépendance de Dieu (son offrande agréée du fait de sa foi — fait de précarité, de dépendance —, selon Héb 11). Agréé Abel ? Quoique : cet agrément n’a pas protégé sa vie et n’en a pas fait un fondateur d’avenir…

 

Notons en passant que Caïn exilé trouve dans son lieu d’exil des femmes et suffisamment de monde pour fonder une ville : le texte biblique n’a pas pour propos de nous dire une origine paléontologique des êtres humains — mais une origine « principielle » : « au commencement » = « au principe » — Adam signifiant « l’Humanité », Ève, « la Vivifiante » et Caïn « l’installation », « l’enracinement ». Bref l’histoire commence, elle s’enracine là, avec Caïn : et elle commence mal !

 

Et ce n’est pas brillant non plus pour le « remplaçant » d’Abel, Seth, si l’on en croit l’exégèse juive : le commencement de l’invocation du nom imprononçable (v. 26) ne signifie rien d’autre que la naissance de l’idolâtrie !

 

« Si l’Éternel ne bâtit la maison, Ceux qui la bâtissent travaillent en vain; Si l’Éternel ne garde la ville, Celui qui la garde veille en vain.

En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, Et mangez-vous le pain d’affliction; Il en donne autant à son bien-aimé pendant qu’il dort » (Psaume, 127, 1-2).

 

 

 

Genèse 3

Par rolpoup :: lundi 28 avril 2008 à 15:30 :: Général

 

 

 

 

 

 

 

 

D’où vient le mal ?

 

 

 

Genèse 3

1  Or le serpent était la plus astucieuse de toutes les bêtes des champs que le SEIGNEUR Dieu avait faites. Il dit à la femme: "Vraiment! Dieu vous a dit: Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin…"

2  La femme répondit au serpent: "Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin,

3  mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas afin de ne pas mourir.

4  Le serpent dit à la femme: "Non, vous ne mourrez pas,

5  mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux possédant la connaissance de ce qui est bon ou mauvais."

6  La femme vit que l’arbre était bon à manger, séduisant à regarder, précieux pour agir avec clairvoyance. Elle en prit un fruit dont elle mangea, elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il en mangea.

7  Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils surent qu’ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des pagnes.

8  Or ils entendirent la voix du SEIGNEUR Dieu qui se promenait dans le jardin au souffle du jour. L’homme et la femme se cachèrent devant le SEIGNEUR Dieu au milieu des arbres du jardin.

9  Le SEIGNEUR Dieu appela l’homme et lui dit: "Où es-tu?"

10  Il répondit: "J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur car j’étais nu, et je me suis caché." —

11  "Qui t’a révélé, dit-il, que tu étais nu? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais prescrit de ne pas manger?"

12  L’homme répondit: "La femme que tu as mise auprès de moi, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé."

13  Le SEIGNEUR Dieu dit à la femme: "Qu’as-tu fait là?" La femme répondit: "Le serpent m’a trompée et j’ai mangé."

14  Le SEIGNEUR Dieu dit au serpent: "Parce que tu as fait cela, tu seras maudit entre tous les bestiaux et toutes les bêtes des champs; tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.

15  Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon."

16  Il dit à la femme: "Je ferai qu’enceinte, tu sois dans de grandes souffrances; c’est péniblement que tu enfanteras des fils. Ton désir te poussera vers ton homme et lui te dominera."

17  Il dit à Adam: "Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais formellement prescrit de ne pas manger, le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu t’en nourriras tous les jours de ta vie,

18  il fera germer pour toi l’épine et le chardon et tu mangeras l’herbe des champs.

19  A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras."

20  L’homme appela sa femme du nom d’Eve, c’est-à-dire La Vivante, car c’est elle qui a été la mère de tout vivant.

21  Le SEIGNEUR Dieu fit pour Adam et sa femme des tuniques de peau dont il les revêtit.

22  Le SEIGNEUR Dieu dit: "Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. Maintenant, qu’il ne tende pas la main pour prendre aussi de l’arbre de vie, en manger et vivre à jamais!"

23  Le SEIGNEUR Dieu l’expulsa du jardin d’Eden pour cultiver le sol d’où il avait été pris.

24  Ayant chassé l’homme, il posta les chérubins à l’orient du jardin d’Eden avec la flamme de l’épée foudroyante pour garder le chemin de l’arbre de vie.

 

 

Le mal, figuré par le serpent, souvent figure des divinités dans les religions environnant l’Israël ancien, le mal provient de la réalité chaotique, non encore ordonnée, qui entoure le jardin. En quelque sorte des premiers essais non satisfaisants de la création et de la mise en ordre.

 

Une difficulté terrible apparaît en même temps que cette figure du mal déjà présent quelque part. La difficulté  de la question de sa provenance, précisément. Difficulté d’autant plus terrible que le mal est intense. Et l’Histoire ne cesse de le montrer chaque jour plus intense. D’où vient ce mal présent dans les champs qui entourent le jardin ? À cette question insoluble, on a avancé plusieurs esquisses de réponses. Depuis le dualisme le plus typé, qui place une réalité mauvaise faisant éternellement face à Dieu, jusqu’à la conception inverse qui en vient à placer le mal en Dieu. Entre les deux, des développements célèbres.

 

Le mal s’infiltre entre Adam et Ève, séparés pour se rencontrer. Avant la séparation, l’ordre de l’interdit est donné, l’interdit qui toujours structure, fait grandir. Mais l’ordre est donné au moment de l’unité, avant la séparation entre homme et femme. Une fois la séparation intervenue, ce mal venu d’on ne sait où, trouve à s’infiltrer.

 

« Qui a semé dans les larmes moissonne dans la joie!

Il s’en va, il s’en va en pleurant, chargé du sac de semence. Il revient, il revient avec joie, chargé de ses gerbes » (Psaume 126, 5-6).

 

 

 

Jean 14, 1-21

Par rolpoup :: dimanche 27 avril 2008 à 10:33 :: Dimanches & fêtes

 

 

 

 

 

 

 

 

Jésus, dévoilement du Père

 

 

 

Actes 8, 5-17

Psaume 66

1 Pierre 3, 15-18

Jean 14, 15-21

 

Jean 14, 1-21

1  "Que votre cœur ne se trouble pas : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.

2  Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures: sinon vous aurais-je dit que j’allais vous préparer le lieu où vous serez ?

3  Lorsque je serai allé vous le préparer, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, si bien que là où je suis, vous serez vous aussi.

4  Quant au lieu où je vais, vous en savez le chemin."

5  Thomas lui dit : "Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment en connaîtrions-nous le chemin ?"

6  Jésus lui dit : "Je suis le chemin et la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi.

7  Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Dès à présent vous le connaissez et vous l’avez vu."

8  Philippe lui dit : "Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit."

9  Jésus lui dit : "Je suis avec vous depuis si longtemps, et cependant, Philippe, tu ne m’as pas reconnu ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Pourquoi dis-tu : Montre-nous le Père ?

10  Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ! Au contraire, c’est le Père qui, demeurant en moi, accomplit ses propres œuvres.

11  Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi; et si vous ne croyez pas ma parole, croyez du moins à cause de ces œuvres.

12  En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais ; il en fera même de plus grandes, parce que je vais au Père.

 

13  Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, de sorte que le Père soit glorifié dans le Fils.

14  Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

 

15  "Si vous m’aimez, vous vous appliquerez à observer mes commandements ;

16  moi, je prierai le Père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours.

17  C’est lui l’Esprit de vérité, celui que le monde est incapable d’accueillir parce qu’il ne le voit pas et qu’il ne le connaît pas. Vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous et il est en vous.

18  Je ne vous laisserai pas orphelins, je viens à vous.

19  Encore un peu, et le monde ne me verra plus ; vous, vous me verrez vivant et vous vivrez vous aussi.

20  En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père et que vous êtes en moi et moi en vous.

21  Celui qui a mes commandements et qui les observe, celui-là m’aime : or celui qui m’aime sera aimé de mon Père et, à mon tour, moi je l’aimerai et je me manifesterai à lui."

 

 

*

*   *

 

 

Rappelons tout d’abord le contexte : Jésus va partir. Il va mourir. Et on sait de quelle façon. Alors il donne comme un Testament à ses disciples. Une promesse de consolation pour les temps difficiles qu’ils auront à traverser jusqu’à la venue du Règne de Dieu.

 

Rappelez-vous ce que Jésus va leur dire :

 

« Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï le premier. » (Jean 15, 18)

 

Il n’a rien caché de ce qui attendait ceux qui le suivraient — mais il a empli cela de sa consolation :

 

« Heureux êtes-vous lorsque les hommes vous haïssent, lorsqu’ils vous rejettent et qu’ils insultent et proscrivent votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme.

Réjouissez-vous ce jour-là et bondissez de joie, car voici, votre récompense est grande dans le ciel; c’est en effet de la même manière que leurs pères traitaient les prophètes. (Luc 6, 22-23)

« Malheureux êtes-vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous: c’est en effet de la même manière que leurs pères traitaient les faux prophètes. » (Luc 6, 26)

 

« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice: le Royaume des cieux est à eux.

Heureux êtes-vous lorsque l’on vous insulte, que l’on vous persécute et que l’on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi.

Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux; c’est ainsi en effet qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. » (Matthieu 5, 10-12)

 

« Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite », annonce-t-il alors quelques versets après notre texte : « le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. » (Jean 15, 20)

« L’heure vient où celui qui vous fera périr croira présenter un sacrifice à Dieu. » (Jean 16, 2)

 

Tout cela est en vue derrière le premier verset de notre texte : « Que votre cœur ne se trouble pas : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » (Jean 14, 1)

 

On se trouve avec ce ch. 14 de Jean en présence d'un texte très connu, notamment le verset 6 — « Je suis le chemin et la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi », souvent isolé du contexte que je viens de rappeler.

 

Il n’est pas question ici de conversion à une religion, mais d'entrée dans l'intimité du Père — et cela dans le contexte du départ de Jésus : « où je vais, vous en savez le chemin » (v. 4).

 

Voilà qui donne un tour inattendu à ce verset. Par là, le disciple est appelé à venir, en Jésus, à une position semblable à celle de Jésus vis-à-vis du Père.

 

*

 

Quelque chose de très concret, et je vais prendre un exemple concret contemporain : outre la commémoration de déportation aujourd’hui-même, nous sommes ces temps-ci dans le quarantenaire de la mort de Martin Luther King (le 4 avril 1968). Il nous en reste une image heureuse, celui d’un combat remporté, dont le fruit se concrétise jusque dans le déroulement de l’élection présidentielle américaine actuelle. Ce qui se passe autour de Barack Obama n’aurait pas été possible sans le combat de Martin Luther King.

 

Voilà ce qu’on en retient : un combat finalement heureux… au point qu’on en ignore presque le prix. Je ne parle pas seulement de l’assassinat du pasteur qui portait dans la non-violence son combat pour les Droits civiques. Je parle des affreuses calomnies par lesquelles on a voulu l’abattre — et qui aux yeux de certains souillent sa mémoire jusqu’à aujourd’hui — selon la formule attribuée à Goebbels : « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». Et puisque c’est aujourd’hui la journée de la déportation, on voit à quel point tout se lie. On met à juste titre côte à côte ces deux grands témoins du XXe siècle, témoins de l’Évangile et de ses implications concrètes : l’allemand déporté Dietrich Bonhöffer et le combattant américain — deux combats pour la même cause : en Jésus Christ, il n’y a ni juif ni grec, ni « noir » ni « blanc », ni citoyen ni métèque... Vous êtes tous un en Jésus Christ.

 

Calomnie, disions-nous. C’est la dernière arme, l’arme des lâches, qu’on a utilisée contre Martin Luther King — comme on a calomnié son maître en le traitant d’ivrogne de glouton, d’ami des prostituées et de traître à la patrie.

 

Exactement les attaques calomnieuses qu’a endurées, avant lui, son Seigneur. Compte tenu de son combat et du contexte de la guerre froide, on l’a d’abord accusé de faire le jeu de l’Union soviétique (comme pour Jésus accusé de subversion politique, et de faire le jeu des Romains).

 

Et lorsqu’on a vu que cela ne marchait pas, que cela ne tenait pas la route, on a voulu l’abattre en s’attaquant à sa vie privée, et si possible conduire son couple à la séparation (sachant ce que cela aurait pu entraîner de discrédit dans l’Amérique d’alors). Pour cela, on n’a rien négligé, l’accusant d’infidélité conjugale. Ayant mis des micros dans ses chambres d’hôtel, on a voulu l’accuser d’y faire venir des prostituées (accusation semblable à celles proférées contre Jésus) — et on a produit des enregistrements, qui ne prouvent évidemment pas les allégations dont on les a accompagnées en les envoyant à son épouse… En vain, mais ça aurait pu la déstabiliser.

 

Dans un zèle persécuteur — quand on sait que jusqu’à aujourd’hui l’Amérique est prête à destituer un Président pour ce genre de fautes… —, ses ennemis ont aussi envoyé les allégations et les enregistrements au Vatican ! Maladresse de la haine : cela permet d’être assuré aujourd’hui que ces calomnies ne valaient rien — quand on sait que le Vatican, à cheval oh combien ! sur ce genre de choses, les a balayées d’un revers de main. Ce que visaient les ennemis de Martin Luther King dans leur zèle persécuteur, n’a fait rien d’autre que fournir la preuve de leur mensonge et de leur méchanceté. Calomnie !… mais vous verrez jusqu’à présent des films qui relèvent ces allégations sans prendre la peine de les réfuter (dans l’esprit des auteurs il est peut-être évident que c’est faux, mais la phrase de Goebbels a ainsi gardé écho dans le doute que les ennemis du pasteur ont voulu insinuer !)

 

Illustration remarquable du discours d’adieu de Jésus et de ce à propos de quoi il promet la consolation de son Esprit. Il faut rien moins que l’Esprit saint pour survivre à de telles calomnies — « heureux serez-vous lorsqu’on dira contre vous toute sorte de mal à cause de moi ».

 

« Je suis le chemin et la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi. » Voilà une parole qui dans son contexte, devient parole de consolation, qui annonce le Consolateur, l’esprit de vérité, « qui vous conduira dans toute la vérité » — au-delà des mensonges et des calomnies. Le disciple du Christ reçoit ainsi la promesse d’un Esprit, l’Esprit de Dieu, qui précède tous les temps et tous les mensonges, et qui ancre le disciple dans une vérité indestructible. Voilà une consolation indicible, vrai chemin de Vie — Chemin, Vérité et Vie. « Je suis le chemin et la vérité et la vie », promet Jésus.

 

*

 

Rappelons-nous que l'Évangile selon Jean débute par la présentation de la Parole éternelle, venue en Jésus Christ, qui demeure éternellement dans le sein du Père. Demeurer dans le sein du Père. Ce à quoi nous sommes appelés aussi. « Il y a plusieurs demeures dans la maison du Père » : c’est-à-dire que chaque disciple est appelé à vivre aussi lui-même, comme être unique, cette relation d'intimité avec Dieu qui est la Consolation de Jésus et celle des siens ; et cela dès aujourd’hui.

 

Dans la présence de Dieu, les particularités individuelles de chacun sont appelées à devenir autant de signes du Dieu invisible, à l'image de Jésus.

 

C'est pourquoi (v. 12), celui qui croit en lui fait aussi les œuvres du Christ. Et mieux, par l'accès à Dieu à présent dévoilé par Jésus, dévoilé dans sa glorification à la croix par sa résurrection, les œuvres des disciples en sont même plus grandes que celles d'avant de dévoilement en Jésus de ce qui se peut savoir de Dieu. De quoi d’autre témoigne un Martin Luther King, réconciliant l’irréconciliable ? — : œuvre immense à la suite de celle de son Maître et Seigneur.

 

Cela parce que le dévoilement de Dieu en Jésus, scellé dans son départ, sa crucifixion, est attesté par sa résurrection : ici quand il parle de son retour — « lorsque je serai allé vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, si bien que là où je suis, vous serez vous aussi » (v.3), — plutôt que de sa Parousie, de sa venue glorieuse, Jésus parle d’abord de sa résurrection. C'est là le retour qui suit son départ par la croix. Ce qui signifie que cette présence de ceux qui croient en la maison du Père ne renvoie pas tant à un après la fin des temps ou à un après la mort, qu'à un dès ici-bas. Ainsi, notre texte est immédiatement suivi par la promesse du don de l'Esprit saint. Car c’est bien ici bas que les disciples marchent dans le chemin de Vérité et de Vie — et c’est cela être disciple.

 

Ce qui est donné à chacun dans sa résurrection, le fait qu'en Jésus se dévoile l'entrée dans l'intimité du Père est ce qui s'est alors manifesté dans le temps, sous la chair : en Jésus homme, Dieu s'est dit lui-même. Sa Parole est donnée, est faite chair. Tout ce qui se peut savoir de Dieu est dévoilé à la connaissance des disciples.

 

Il s'agit là d'une connaissance concrète, dans laquelle on entre pour y prendre part. Il n'est pas question que de connaissance en un sens purement théorique (la « vérité » comme discours), mais de l’entrée dans un vécu — la Vie, dans l'intimité du Père, dès ici-bas.

 

Une telle nouvelle a de quoi étonner, sachant combien nous demeurons, en même temps, des pécheurs. Mais c'est précisément là l'Évangile : il n'est d'entrée dans la vie du Père que par le Fils en qui il se dévoile. Et on sait que ce dévoilement est dans un cheminement qui débouche sur sa croix et par elle, sur la Vie.

 

C'est en quoi Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie.

 

Cette entrée dans l'intimité du Père qui se donne dans notre temps en Jésus, est le dévoilement du Dieu éternel. Par l'Incarnation, le Père se dévoile dans le Fils. Et l'éternité du Fils déborde infiniment sa stricte présence au temps. Lorsque dans le temps, Jésus parle ou agit, c'est le Père, qui dans l'éternité, est en train d'accomplir ses œuvres. Et en lui, cela vaut pour chacun de nous, cela donne à nos actions une portée éternelle. Témoin Martin Luther King, entre autres.

 

« Il y a plusieurs demeures dans la maison du Père ». Cela signifie qu'entrer par le Christ dans la maison de Dieu veut dire, non pas tomber dans un déficit de vie, mais devenir pleinement soi-même, comme le Christ n'est pas moins homme de par sa communauté de nature avec Dieu, mais est au contraire pleinement homme.

 

Il y a là ouverture possible à une cessation des morcellements de nos vies ; l'intimité du Père et du Fils fonde en effet dans l’Esprit saint la possibilité de vraies rencontres du prochain contre des vies désagrégées, atomisées, bardées de murs de désespoir. Vivre dans l'intimité de Dieu : devenir soi-même sous le regard du Père. Chemin de la rencontre du Père, manifestation de la vérité contre les masques, Jésus est aussi, et par là-même, la Vie. C’est la consolation qui nous est donnée par l’Esprit saint.

 

 

R.P.

Vence, 20.04.08

Antibes 27.04.08

 

 

 

Genèse 1 & 2

Par rolpoup :: samedi 26 avril 2008 à 8:12 :: Général

 

 

 

 

 

 

 

 

Au commencement…

 

 

 

Genèse 1 & 2

1  Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.

2  La terre était informe et vide; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, mais l’Esprit de Dieu planait au-dessus des eaux.

3  Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut.

4  Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres.

5  Dieu appela la lumière jour et il appela les ténèbres nuit. Il y eut un soir et il y eut un matin: ce fut un jour.

6  Dieu dit: Qu’il y ait une étendue entre les eaux pour séparer les eaux des eaux.

7  Dieu fit donc cette étendue, sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue d’avec les eaux qui sont au-dessus. Il en fut ainsi.

8  Dieu appela l’étendue ciel. Il y eut un soir et il y eut un matin: ce fut un deuxième jour.

9  Dieu dit: Que les eaux qui sont au-dessous du ciel s’amassent en un seul endroit, et que la (partie) sèche apparaisse. Il en fut ainsi.

10  Dieu appela terre la partie sèche, et il appela mers la masse des eaux. Dieu vit que cela était bon.

11  Puis Dieu dit: Que la terre se couvre de verdure, d’herbe porteuse de semence, d’arbres fruitiers donnant sur la terre des fruits selon leur espèce et ayant en eux leur semence. Il en fut ainsi.

12  La terre produisit de la verdure, de l’herbe porteuse de semence selon son espèce et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.

13  Il y eut un soir et il y eut un matin: ce fut un troisième jour.

14  Dieu dit: Qu’il y ait des astres dans l’étendue céleste, pour séparer le jour et la nuit; que ce soient des signes pour (marquer) les temps, les jours et les années;

15  que ce soient des astres dans l’étendue céleste pour éclairer la terre. Il en fut ainsi.