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Matthieu 13, 24-43Par rolpoup :: dimanche 20 juillet 2008 à 10:30 :: Général
La mauvaise herbe Ésaïe 44, 6-8 Psaume 86 Romains 8, 26-27 Matthieu 13, 24-43 24 Il leur proposa une autre parabole : "Il en va du Royaume des cieux comme d’un homme qui a semé du bon grain dans son champ. 25 Pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu ; par-dessus, il a semé de la mauvaise herbe en plein milieu du blé et il s’en est allé. 26 Quand l’herbe eut poussé et produit l’épi, alors apparut aussi la mauvaise herbe. 27 Les serviteurs du maître de maison vinrent lui dire : Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il s’y trouve de la mauvaise herbe ? 28 Il leur dit : C’est un ennemi qui a fait cela. Les serviteurs lui disent : Alors, veux-tu que nous allions la ramasser ? — 29 Non, dit-il, de peur qu’en ramassant la mauvaise herbe vous ne déraciniez le blé avec elle. 30 Laissez l’un et l’autre croître ensemble jusqu’à la moisson, et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d’abord la mauvaise herbe et liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier. 31 Il leur proposa une autre parabole : "Le Royaume des cieux est comparable à un grain de moutarde qu’un homme prend et sème dans son champ. 32 C’est bien la plus petite de toutes les semences ; mais, quand elle a poussé, elle est la plus grande des plantes potagères : elle devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent faire leurs nids dans ses branches." 33 Il leur dit une autre parabole ; "Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu’une femme prend et enfouit dans trois mesures de farine, si bien que toute la masse lève." 34 Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans paraboles, 35 afin que s’accomplisse ce qui avait été dit par le prophète : J’ouvrirai la bouche pour dire des paraboles, je proclamerai des choses cachées depuis la fondation du monde. 36 Alors, laissant les foules, il vint à la maison, et ses disciples s’approchèrent de lui et lui dirent : "Explique-nous la parabole de la mauvaise herbe dans le champ." 37 Il leur répondit : "Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; 38 le champ, c’est le monde; le bon grain, ce sont les sujets du Royaume ; la mauvaise herbe, ce sont les sujets du Malin ; 39 l’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. 40 De même que l’on ramasse la mauvaise herbe pour la brûler au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde : 41 le Fils de l’homme enverra ses anges ; ils ramasseront, pour les mettre hors de son Royaume, toutes les causes de chute et tous ceux qui commettent l’iniquité, 42 et ils les jetteront dans la fournaise de feu ; là seront les pleurs et les grincements de dents. 43 Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Entende qui a des oreilles ! * « Le Fils de l’homme enverra ses anges ; ils ramasseront, pour les mettre hors de son Royaume, toutes les causes de chute et tous ceux qui commettent l’iniquité. » Cela c’est au jour de jugement. Cela nous dit en passant quelque chose de ce qu’est la mauvaise herbe en question — l’ivraie selon les anciennes traductions — : c’est tout le mal qui se fait depuis la fondation du monde. Ce n’est pas rien ! C’est un mal et des douleurs dont il est légitime que l’on veuille les arracher du monde, et avec, ceux qui les commettent. Or il n’est pas opportun de les arracher du monde tant que ce qu’il en est n’est pas dévoilé ! Car il est bien question de « choses cachées depuis la fondation du monde », selon la citation que fait Jésus du Psaume 78. Ce qui est caché depuis la fondation du monde c’est ici la racine du mal — de ce mal énorme — qui s’y commet. Cette parabole de la mauvaise herbe est expliquée après que soient données deux autres paraboles, comme, juste avant, la parabole du semeur n’est pas expliquée immédiatement. Évidemment, ici comme là, ce qui est entre la parabole et son explication a un rapport avec l’explication. Ici, il est question du Royaume qui se dévoile comme une graine qui éclot et croît jusqu’à sa maturité ; le Royaume qui est comme le levain qui fait lever toute la pâte. Avec cette citation du propos prophétique du psalmiste : dévoilement de « choses cachées depuis la fondation du monde ». L’éclosion et la croissance du Royaume est de l’ordre du dévoilement. Et en l’occurrence du dévoilement du mal, dévoilement qui seul permet son éradication. Le mal relève du mystère, d’un mystère incommensurable, le « mystère d’iniquité » dans les mots de Paul, cette iniquité qui est vouée à être arrachée, et dont les suppôts-mêmes sont voués à être arrachés… Le mal relève du mystère, nommé ici : semé par le diable. Un désordre imprévu, source du mal, s’est immiscé dans la création de Dieu, caché depuis sa fondation et voué à être dévoilé. Or où est-ce que le mal, où est-ce que le diable, a été dévoilé ? À la croix ! Car que s’est-il passé à la croix concernant ce mystère d’iniquité ? Son initiateur a été jeté dehors ! Jean 12, 31-33 : « Maintenant c’est le jugement de ce monde; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. Il disait cela pour indiquer de quelle mort il devait mourir. » À la croix, le semeur de l’ivraie est dévoilé et jeté dehors ! Est-ce à dire qu’il est temps pour les disciples de procéder à l’arrachage de cette mauvaise herbe ? La réponse de Jésus est clairement : non ! « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » annonce Jésus à ses disciples dans la suite de son affirmation de ce que le diable est jeté dehors lors de sa crucifixion. C’est que loin de devoir procéder par avance à l’arrachage de la mauvaise herbe, du mal et de ceux qui le commettent, à commencer par les persécuteurs, — le dévoilement de la racine du mal, interdit précisément tout arrachage prématuré, avant le jugement final ! Que dévoile en effet la croix lorsqu’elle dévoile la racine immémoriale du mal, le diable ? Que le mal est, avant tout, une volonté immémoriale d’arracher, d’expulser ce que l’on désigne comme le mal. Le mal, dès l’origine, est persécuteur. Le diable est meurtrier dès le commencement ; dès le premier meurtre, le meurtre d’Abel, il est là. Et menteur et père du mensonge, dès le premier meurtre, il enfouit ce meurtre sous le mensonge : suis-je le gardien de mon frère ? demande Caïn. Car, ne nous leurrons pas, le meurtrier ment, et prétend avoir accompli une œuvre — sinon juste — tout au moins explicable… De là à prétendre arracher la mauvaise herbe, le pas a toujours été franchi dans l’histoire, avant et après le Christ. On n’ a jamais persécuté ou mis à mort quiconque sans bonne cause, ou prétendu telle !… En fait du mensonge ! « Vous voulez accomplir les désirs du diable, dira Jésus à ses persécuteurs. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne s’est pas tenu dans la vérité, parce que la vérité n’est pas en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, ses paroles viennent de lui-même car il est menteur et le père du mensonge » (Jean 8, 44). Le mensonge est bien lié au meurtre et à la persécution, à la volonté d’expulser — et c’est là l’œuvre du diable. Eh bien la croix est précisément le dévoilement de ce mensonge, de ce mensonge meurtrier. Ici, l’ « ivraie » qu’on a voulu arracher est le seul juste ! C’est de la sorte que le diable a été dévoilé : le Christ crucifié a publiquement livré les puissances en spectacle, dira Paul. On voit ce qu’il en est de vouloir arracher la mauvaise herbe. Prétendre arracher la mauvaise herbe fait tout simplement entrer dans un cycle de violence persécutrice, dont les pouvoirs aux mains du diable planteur d’ivraie tentent de bien se garder : Le représentant de César, Pilate, qui n’est pas sans raison dans le credo, se lave les mains et renvoie dos à dos les persécutés de l’Empire : le Christ et Israël — ce qui débouchera dans l’Empire romain devenu chrétien, puis dans sa descendance, sur une persécution d’Israël par ceux qui se réclament du Christ, se voulant arracheurs d’ivraie à leur tour ! On voit le piège que, pourtant, Jésus a dévoilé ! Et contre lequel il a pourtant mis en garde : la mauvaise herbe n’est pas où on la désigne. Elle relève du mystère d’iniquité, caché depuis la fondation du monde. La croix nous dévoile à quel point elle ne pourra être arrachée qu’à la fin des temps. L’ivraie est le mal persécuteur, « les causes de chute et tous ceux qui commettent l’iniquité », tous ceux qui servent la persécution. On ne la voit qu’à ses effets, comme la mauvaise herbe du même nom, que l’on ne reconnaît pas dans un premier temps. Elle est dévoilée seulement par la croix, comme le fruit meurtrier du menteur et père du mensonge. Elle n’a été dévoilée que là, par celui à qui Dieu a remis le jugement, le Christ, et ne pourra être arrachée que lorsqu’il exercera ce jugement, c’est à dire cette extraction du mal qui grève le monde et qui est d’abord et avant tout la violence persécutrice et meurtrière. Tel est donc ce mystère caché depuis la fondation du monde. Il a été dévoilé à la croix : « C’est une sagesse […] qui n’est pas de ce siècle, ni des princes de ce siècle, qui vont être réduits à l’impuissance ; nous prêchons, écrit Paul, la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu avait prédestinée avant les siècles, pour notre gloire ; aucun des princes de ce siècle ne l’a connue, car s’ils l’avaient connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Mais c’est, comme il est écrit : Ce que l’œil n’a pas vu, Ce que l’oreille n’a pas entendu, Et ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, Tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. Dieu nous l’a révélé par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. » (1 Corinthiens 2, 6-10). « Ainsi, avait dit Ésaïe, parle l’Éternel, le roi d’Israël, Celui qui le rachète, L’Éternel des armées : Je suis le premier et je suis le dernier, En dehors de moi il n’y a point de Dieu. Qui peut se prononcer comme moi ? Qu’il l’annonce et me l’expose ! Depuis que j’ai fondé le peuple d’éternité, Qu’ils annoncent donc les événements, Et aussi ce qui doit arriver ! N’ayez pas peur et ne tremblez pas ; Ne te l’ai-je pas depuis toujours fait entendre et annoncé ? Vous êtes mes témoins : Y a-t-il un autre Dieu en dehors de moi ? Il n’y a point d’autre rocher, Je n’en connais pas. » (Ésaïe 44, 6-8). R.P. Genèse 32Par rolpoup :: samedi 19 juillet 2008 à 7:35 :: Général
« La lutte de Jacob avec l’Ange » Genèse 32 1 (32-2) Jacob allait son chemin quand des messagers de Dieu survinrent. 2 (32-3) Dès qu’il les vit, il s’écria: "C’est un camp de Dieu", et il appela ce lieu Mahanaïm. 3 (32-4) Jacob envoya devant lui des messagers vers son frère Esaü au pays de Séïr dans la campagne d’Edom. 4 (32-5) Il leur donna des ordres et dit: "Vous parlerez ainsi à mon seigneur Esaü: Ainsi parle ton serviteur Jacob: J’ai séjourné chez Laban et m’y suis attardé jusqu’à présent. 5 (32-6) Je possède taureaux et ânes, petit bétail, serviteurs et servantes, et j’ai tenu à envoyer des messagers pour informer mon seigneur Esaü afin de trouver grâce à ses yeux. 6 (32-7) Les messagers revinrent vers Jacob et dirent: "Nous sommes allés chez ton frère Esaü. Lui aussi marche à ta rencontre, il a quatre cents hommes avec lui." 7 (32-8) Jacob eut très peur et l’angoisse le saisit. Il répartit en deux camps les gens qui étaient avec lui, le petit et le gros bétail, et les chameaux, 8 (32-9) en disant: "Si Esaü parvient à l’un des camps et le saccage, le camp restant pourra s’échapper." 9 (32-10) Puis Jacob s’écria: "Dieu de mon père Abraham, Dieu de mon père Isaac, toi le SEIGNEUR qui m’as dit: Retourne vers ton pays et ta famille et je te ferai du bien, 10 (32-11) je suis trop petit pour toutes les faveurs et toute la fidélité dont tu as usé envers ton serviteur! Car je n’avais passé le Jourdain qu’avec mon seul bâton et maintenant je forme deux camps. 11 (32-12) De grâce, délivre-moi de la main de mon frère, de la main d’Esaü car j’ai peur de lui, j’ai peur qu’il ne vienne et ne nous frappe, moi, la mère avec les enfants. 12 (32-13) Toi, tu m’as dit: Je veux te faire du bien et je multiplierai ta descendance comme le sable de la mer qu’on ne peut compter tant il y en a! 13 (32-14) Il demeura cette nuit-là en ce lieu. Des bêtes dont il disposait, Jacob préleva un présent pour son frère Esaü: 14 (32-15) deux cents chèvres, vingt boucs, deux cents brebis et vingt béliers, 15 (32-16) trente chamelles laitières avec leurs petits, quarante vaches et dix taureaux, vingt ânesses et dix ânes. 16 (32-17) Il remit aux mains de ses serviteurs chaque troupeau séparément et leur dit: "Passez devant moi et laissez un espace entre chaque troupeau." 17 (32-18) Puis il donna cet ordre au premier serviteur: "Lorsque mon frère Esaü te rencontrera et t’interrogera en disant: A qui es-tu? Où vas-tu? A qui est ce troupeau qui te précède? 18 (32-19) tu répondras: A ton serviteur Jacob. C’est un présent qu’il envoie à mon seigneur Esaü et lui-même vient derrière nous. 19 (32-20) Il donna le même ordre au second serviteur, puis au troisième, puis à tous ceux qui marchaient derrière les troupeaux: "C’est de la même manière, dit-il, que vous parlerez à Esaü quand vous le trouverez 20 (32-21) et vous lui direz: Ton serviteur Jacob vient lui aussi derrière nous. Il se disait en effet: "J’adoucirai son humeur en me faisant précéder de ce présent; après quoi je le verrai en face et peut-être me fera-t-il bon accueil." 21 (32-22) Le présent passa en avant, lui-même demeura cette nuit-là au camp. 22 (32-23) Cette même nuit, il se leva, prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants, et il passa le gué du Yabboq. 23 (32-24) Il les prit et leur fit passer le torrent, puis il fit passer ce qui lui appartenait, 24 (32-25) et Jacob resta seul. Un homme se roula avec lui dans la poussière jusqu’au lever de l’aurore. 25 (32-26) Il vit qu’il ne pouvait l’emporter sur lui, il heurta Jacob à la courbe du fémur qui se déboîta alors qu’il roulait avec lui dans la poussière. 26 (32-27) Il lui dit: "Laisse-moi car l’aurore s’est levée." -"Je ne te laisserai pas, répondit-il, que tu ne m’aies béni." 27 (32-28) Il lui dit: "Quel est ton nom?" -Jacob, répondit-il. 28 (32-29) Il reprit: "On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes et tu l’as emporté." 29 (32-30) Jacob lui demanda: "De grâce, indique-moi ton nom." -"Et pourquoi, dit-il, me demandes-tu mon nom?" Là-même, il le bénit. 30 (32-31) Jacob appela ce lieu Peniel-c’est-à-dire Face-de-Dieu-car "j’ai vu Dieu face à face et ma vie a été sauve". 31 (32-32) Le soleil se levait quand il passa Penouël. Il boitait de la hanche. 32 (32-33) C’est pourquoi les fils d’Israël ne mangent pas le muscle de la cuisse qui est à la courbe du fémur, aujourd’hui encore. Il avait en effet heurté Jacob à la courbe du fémur, au muscle de la cuisse. Et voilà l’épisode fameux dit de « la lutte de Jacob » avec Dieu. Un récit qui peut être lu à plusieurs niveaux, ce qui lui donne sa profondeur, sa dimension fascinante, et une large part de l’intérêt qu’il a suscité. Au premier plan le récit pourrait apparaître comme la relation d’une agression nocturne — mais qui révèle à Jacob, et au lecteur, un pan essentiel de sa relation avec Dieu, de la relation avec Dieu, via la relecture de l’inconnu comme présence angélique, et donc comme manifestation de Dieu. C’est ici que Jacob reçoit son nom d’Israël — plus qu’un nom : désormais une vocation — celle du face à face qui ouvre toute perceptive. « Peuples, écoutez tous ceci; habitants de l’univers, prêtez tous l’oreille, gens du peuple, gens illustres, riches et pauvres, tous ensemble. Ma bouche dit des paroles de sagesse, mon coeur murmure des propos de bon sens. » (Psaume 49, 1-3). Genèse 31, 22-55Par rolpoup :: vendredi 18 juillet 2008 à 12:16 :: Général
Temps de rupture Genèse 31, 22-55 22 Le troisième jour on informa Laban que Jacob s’était enfui. 23 Il prit avec lui ses frères, il le poursuivit pendant sept jours de marche et le rejoignit aux monts de Galaad. 24 Dieu vint trouver de nuit, en songe, Laban l’Araméen, il lui dit: "Garde-toi de rien dire à Jacob en bien ou en mal." 25 Laban rattrapa Jacob qui avait planté sa tente dans la montagne; Laban, avec ses frères, fit de même sur les montagnes de Galaad. 26 Laban dit à Jacob: "Qu’as-tu fait! Tu as trompé ma vigilance et tu as emmené mes filles comme des captives de guerre. 27 Pourquoi as-tu caché ta fuite et m’as-tu leurré au lieu de me prévenir? Je t’aurais laissé partir dans la joie et les chants, le tambourin et la lyre! 28 Tu ne m’as pas laissé embrasser mes fils et mes filles. Là, tu as agi sottement 29 et il est en mon pouvoir de vous faire du mal. Mais le Dieu de vos pères m’a dit la nuit dernière: Garde-toi de rien dire à Jacob en bien ou en mal! 30 Maintenant que tu t’en es allé parce que tu soupirais après la maison de ton père, pourquoi m’as-tu dérobé mes dieux?" 31 Jacob répondit à Laban: "Parce que j’ai eu peur et que je me suis dit que tu m’enlèverais tes filles. 32 Celui chez qui tu trouveras tes dieux perdra la vie. En présence de nos frères, reconnais chez moi ce qui est à toi et reprends-le." Jacob ignorait que Rachel les avait dérobés. 33 Laban entra dans la tente de Jacob, puis dans celle de Léa, puis dans celle des deux servantes, et il ne trouva rien. Il sortit de la tente de Léa pour entrer dans celle de Rachel. 34 Rachel avait pris les idoles et les avait mises dans le bât du chameau. Elle s’était assise dessus et Laban fouilla toute la tente sans rien trouver. 35 Elle dit alors à son père: "Que mon seigneur ne m’en veuille pas si je ne puis me lever devant toi, car j’ai ce qui arrive aux femmes." Il fouilla sans trouver les idoles. 36 Jacob s’échauffa et prit Laban à partie; il s’écria: "Quelle est ma faute? Quel est mon délit, que tu fulmines contre moi? 37 En fouillant toutes mes affaires, as-tu trouvé une seule des affaires de ta maison? Produis-la en présence de mes frères et de tes frères, et qu’ils décident entre nous deux! 38 Cela fait vingt ans que je suis avec toi, et jamais tes brebis ni tes chèvres n’ont avorté! Je n’ai pas mangé les béliers de ton bétail. 39 La bête lacérée, je ne te la rapportais pas, j’en supportais la perte! La bête qu’on avait volée, de jour comme de nuit, tu me la réclamais! 40 J’ai été dévoré le jour par la chaleur, la nuit par le froid, et le sommeil a fui mes yeux! 41 Cela fait vingt ans que je suis dans ta maison, je t’ai servi quatorze ans pour tes deux filles et six ans pour ton bétail! Dix fois tu as changé mes gages! 42 Si le Dieu de mon père, le Dieu d’Abraham et la Terreur d’Isaac, n’avait été avec moi, tu m’aurais laissé partir les mains vides. Mais Dieu a regardé mon humiliation et la lassitude de mes mains; la nuit dernière il a décidé." 43 Laban répondit à Jacob et dit: "Ces filles sont mes filles, ces fils sont mes fils, ces moutons sont mes moutons, tout ce que tu vois est à moi. Que vais-je faire pour mes filles? Pour elles aujourd’hui ou pour les fils qu’elles ont enfantés? 44 Allons, il est temps de conclure une alliance, moi et toi, et qu’il y ait un témoin entre moi et toi." 45 Jacob prit une pierre et l’érigea en stèle. 46 Jacob dit à ses frères: "Ramassez des pierres", et ils prirent des pierres dont ils firent un tas. Ils mangèrent là sur ce tas. 47 Laban l’appela Yegar Sahadouta, et Jacob l’appela Galéed. 48 Laban dit: "Ce tas est aujourd’hui témoin entre moi et toi"; c’est pourquoi on l’appela Galéed-c’est-à-dire le Tas-du-témoin- 49 et le Miçpa-c’est-à-dire le Lieu-du-guet-dont il avait dit: "Que le SEIGNEUR fasse le guet entre moi et toi quand nous serons hors de vue l’un de l’autre. 50 Si tu humilies mes filles, et si tu prends des femmes en plus de mes filles, vois que, même si personne n’est avec nous, Dieu est témoin entre nous." 51 Laban dit à Jacob: "Voici ce tas de pierres que j’ai jetées entre moi et toi, voici cette stèle. 52 Ce tas de pierres est témoin, cette stèle est témoin. Moi, je jure de ne pas dépasser ce tas dans ta direction et toi, tu jures de ne pas dépasser ce tas dans ma direction-et cette stèle-sous peine de malheur. 53 Que le Dieu d’Abraham et le Dieu de Nahor protègent le droit entre nous." -C’était le Dieu de leur père. -Jacob jura par la Terreur d’Isaac, son père. 54 Jacob offrit un sacrifice dans la montagne. Il invita ses frères au repas; ils mangèrent le repas et passèrent la nuit dans la montagne. 55 (32-1) Laban se leva de bon matin, il embrassa ses fils et ses filles, il les bénit et retourna chez lui. C’est à présent le moment de la rupture définitive des descendants d’Abraham — peuple de l’Alliance avec le Dieu unique — d’avec leur famille d’origine — restée dans le culte des idoles. Les fils successifs des patriarches étaient venus s’y marier pour ne pas s’allier avec l’idolâtrie locale de Canaan. À présent, on franchit une nouvelle étape. Une trace du culte subsiste bien encore, symbolisé par le flux menstruel de Rachel qui y trouve moyen de sauver sa vie en y cachent les idoles dérobées pour lesquelles son père est prêt à tuer. Reste que désormais, selon ce que dessine la main de Dieu, une frontière est tranchée. Le peuple de l’Alliance poursuit sa route vers ailleurs, vers l’horizon que Dieu dessine. « Il est grand le SEIGNEUR, il est comblé de louanges, dans la ville de notre Dieu, sa montagne sainte » (Psaume 48, 1). Genèse 31, 1-21Par rolpoup :: jeudi 17 juillet 2008 à 17:22 :: Général
Le départ de Jacob Genèse 31, 1-21 1 Il apprit que les fils de Laban disaient: "Jacob s’est emparé de tout ce qui appartenait à notre père, et c’est aux dépens de notre père qu’il s’est donné toute cette opulence." 2 Jacob observa le visage de Laban et vit que leurs relations n’étaient plus celles des jours précédents. 3 Le SEIGNEUR dit à Jacob: "Retourne au pays de tes pères et de ta famille: je serai avec toi." 4 Jacob fit appeler Rachel et Léa aux champs où il était avec le bétail. 5 Il leur dit: "Je vois que le visage de votre père n’est plus envers moi comme précédemment; mais le Dieu de mon père a été avec moi. 6 Vous savez, vous, que j’ai servi votre père de toutes mes forces. 7 Votre père s’est joué de moi, il a changé dix fois mes gages, mais Dieu ne l’a pas laissé me nuire. 8 Quand il déclarait: Tu auras pour salaire les bêtes mouchetées, tout le bétail produisait des mouchetées; et quand il déclarait: Tu auras pour salaire les rayées, tout le bétail produisait des rayées. 9 Dieu a enlevé à votre père son troupeau et me l’a donné. 10 Or, au temps où les bêtes s’accouplent, je levai les yeux et je vis en songe les boucs rayés, mouchetés et bigarrés qui couvraient les bêtes. 11 L’ange de Dieu me dit en songe: Jacob. -Me voici, ai-je répondu. 12 Il reprit: Lève les yeux et regarde tous ces boucs rayés, mouchetés et bigarrés qui couvrent les bêtes, car j’ai vu ce que Laban te fait. 13 Je suis le Dieu pour lequel, à Béthel, tu as oint une stèle et tu m’y as fait un vœu. Maintenant, lève-toi, quitte ce pays et retourne au pays de ta famille. 14 Rachel et Léa lui firent cette réponse: "Avons-nous encore une part et un héritage dans la maison de notre père? 15 Ne nous a-t-il pas considérées comme des étrangères, puisqu’il nous a vendues et qu’il a même mangé notre argent? 16 Aussi toute la fortune que Dieu a enlevée à notre père est-elle à nous et à nos fils. Fais maintenant tout ce que Dieu t’a dit." 17 Jacob se leva et emmena ses fils et ses femmes sur les chameaux. 18 Il emmena tout son cheptel-et tous les biens qu’il avait acquis, le cheptel étant l’acquisition qu’il avait faite en plaine d’Aram-pour revenir chez son père Isaac au pays de Canaan. 19 Laban était allé tondre son bétail quand Rachel déroba les idoles qui étaient à son père. 20 Jacob trompa la vigilance de Laban l’Araméen en se gardant de le prévenir de sa fuite. 21 Il s’enfuit avec ce qui lui appartenait, il se leva, il passa le Fleuve et se dirigea vers les monts de Galaad. Jacob s’enrichit. Laban et ses fils sont frustrés, tandis que toutes les tentatives de Laban pour rouler Jacob on tourné au profit de celui-ci.… Jacob repartira donc, à l’appel de Dieu, avec ses femmes, filles de Laban, et les troupeaux qu’il a acquis. Cela tandis que Rachel part avec des idoles, dérobées à son père — il est dur de se défaire du passé, et de l’idolâtrie ancestrale… « Vous tous, peuples, battez des mains! Acclamez Dieu par des cris de joie! Car l’Éternel, le Très-Haut, est redoutable, Il est un grand roi sur toute la terre. » (Psaume 47, 1-2). Genèse 30, 25-43Par rolpoup :: mercredi 16 juillet 2008 à 10:55 :: Général
Un cheptel « rayé, moucheté ou tacheté »… Genèse 30, 25-43 25 Dès que Rachel eut enfanté Joseph, Jacob dit à Laban: "Laisse-moi partir pour aller chez moi, en mon pays. 26 Donne-moi mes enfants et mes femmes, celles pour lesquelles je t’ai servi, et je m’en irai. Tu sais bien quel travail j’ai fait à ton service." 27 Laban lui dit: "Si j’ai donc trouvé grâce à tes yeux… J’ai appris par divination que le SEIGNEUR m’a béni à cause de toi." 28 Laban reprit: "Fixe-moi ton salaire et je te le donnerai." 29 Il lui répondit: "Tu sais toi-même comme je t’ai servi et ce qu’est devenu ton cheptel avec moi. 30 Ton bien n’était que peu de chose avant moi, il s’est étonnamment accru sous ma direction et le SEIGNEUR t’en a béni. Et maintenant, quand travaillerai-je, moi aussi, pour ma maison?" 31 Laban dit: "Que te donnerai-je?" -Tu ne me donneras rien, répondit Jacob. Si tu m’accordes ce que je vais dire, je reviendrai paître et garder tes moutons. 32 Je passerai aujourd’hui à travers tout le petit bétail et j’en retirerai tout agneau moucheté ou tacheté-toute brebis féconde parmi les moutons-toute chèvre tachetée ou mouchetée, et ce sera mon salaire. 33 Demain, lorsque tu viendras vérifier mon salaire, tout ce qui ne sera pas moucheté ou tacheté parmi les chèvres et-fécond-parmi les moutons me convaincra d’injustice; ce sera chez moi du vol." | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||